15 déc. 2010

A LA UNE-NOEL 2010 ET LE MIMETISME






Noël...Ce mot magique et cette fête ont-ils encore tout leur sens depuis que Nietzsche  a déclaré: Dieu est mort. La désacralisation du monde, commencée sans doute depuis la mort de Jésus, semble aujourd'hui en voie d'achèvement. Jusqu'où va-t-on aller? Certains voient pour 2012 une Apocalypse (en grec: révélation, dévoilement). Ceci fera l'objet d'un autre article. Pour le moment, les fêtes ont seulement de moins en moins de sens, la valeur que le "monde" demande de partager n'est plus l'Amour, mais l'argent et les marchés financiers qui ont remplacé le sacré. Il s'ensuit que la souffrance de l'humanité est de plus en plus grande. Heureusement que dans les coeurs, et je m'en aperçoit dans les blogs que j'aime, il reste non l'espoir, qui est du "monde", mais l'espérance qui est du "Royaume de Dieu". "Rend à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu".
Dans ce contexte, je vais mettre en avant un écrit qui m'a beaucoup marqué et qui sera prochainement l'objet d'une page de mon blog, le mimétisme. Je m'inspire du livre de René Girard, "les origines de la culture".
Avec deux hypothèses, l'une sur le désir mimétique, l'autre sur les victimes fondatrices, René Girard a bouleversé le champ des sciences humaines. Sa théorie, qui a replacé le christianisme au coeur de l'anthropologie, est aussi l'une des rares depuis Durkheim, à tenter de d'expliquer les phénomènes culturels et sociaux en remontant à leur origine. Au point que c'est de la ritualisation des premiers évènements que seraient nés les premiers groupes sociaux et les mécanismes qui les protègent: tabous,normes, institutions. Mais seul le sacrifice du Christ affirme René Girard, dévoile ceux qui auraient eu lieu au départ des religions et des cultures archaïques.
En révélant l'innocence de Jésus, les Évangiles révèlent l'innocence de toutes les victimes analogues, condamnées par toutes les violences unanimes, par tous les lynchages mensongers depuis la fondation du monde. Des phénomènes de "bouc-émissaire" se produisent encore de nos jours, sous une forme atténuée par le Christianisme encore très présent dans nos mémoire et malgré son éviction progressive de la scène du "monde". Le mimétisme collectif ne fait plus l'unanimité, il ne parvient plus à nous réconcilier avec et à nous rassembler.
 C'est donc dans un nouveau monde que nous sommes entrés, un monde où le mensonge de la victime unique et les sacrifices qui en découlent ne réconcilient plus les communautés, le premier monde libéré du mensonge de la victime unique (Job?); mais c'est aussi un monde privé de protection sacrificielle, le premier monde menacé de se détruire par ses propres mains, en déchaînant sa propre violence, un monde proprement apocalyptique.

Quoi qu'on en pense, cette thèse fait réfléchir, j'essaye d'en recueillir ce qui me permet d'approcher mon moi être intérieur (l'inside" du titre de mon blog), comme je le fais pour le livre "le baiser de Dieu de Annick de Souzennelle! Un autre texte que je médite depuis longtemps sur l'origine de la souffrance est "le livre de Job.
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