9 sept. 2017

Carlo Rovelli par-delà le visible Mon article 2: Le temps n'existe pas.



Carlo Rovelli par-delà le visible

Mon article 2: Le temps n'existe pas.



Livre de carlo rovelli par-delà le visible http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673

*
http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (La « théorie des boucles » est une théorie quantique pour le champ gravitationnel. Son objectif est de décrire les phénomènes gravitationnels quand leurs effets quantiques ne peuvent pas être négligés)http://www.doublecause.net/index.php?page=Carlo_Rovelli.htm (Et si le temps n'existait pas par carlo rovelli)


http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (Et si le temps n'existait pas?)


http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article673 (Carlo Rovelli: Par-delà le visible)

http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139910915883722.pdf (rien ne va plus en physique, l'échec de la théorie des cordes préface d'alain connes...Dieu pourrait être ou ne pas être. Ou les dieux. Pourtant, il y a quelque chose qui nous ennoblit dans notre quête du divin. Quelque chose d’humanisant, dans chacun des pas qui mènent les hommes vers la recherche d’une vérité plus profonde. Certains cherchent la transcendance dans la méditation ou la prière...)

(facebook; Gravitation quantique Par Abdelatif Djellab)
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814 (Comment la physique se prépare à une nouvelle révolution conceptuelle fondamentale?)

https://arxiv.org/abs/physics/0401128 (Ruediger Vaas au-delà de l'espace et du temps:  Une introduction informelle à la géométrie quantique (gravité quantique en boucle), les réseaux de spin, les trous noirs quantiques et le travail d'Abhay Ashtekar, Carlo Rovelli, Lee Smolin et autres.


http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-la-poursuite-de-l-espace-temps-quantique-38387.php  [À la poursuite de l'espace-temps quantique. L'espace et le temps émergeraient de l'intrication quantique de minuscules bribes d'information : telle est l'audacieuse hypothèse explorée par le projet collaboratif It from Qubit (https://arxiv.org/pdf/1306.0545.pdf). Clara Moskowitz]
https://perimeterinstitute.ca/people/research-area/quantum-gravity (liste des chercheurs en gravité quantique)

http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (La gravitation quantique à boucles)

Site conçu dans le cadre des TPE (Travaux Personnels Encadrés) en classe de Terminale S:
http://gravitations.pagesperso-orange.fr/plan.htm
http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm (la gravitation quantique à boucles)

I) Introduction.

Comme je l'ai dit dans Dans mon article 1, je viens d'interrompre mes articles à propos du  livre de Lee Smolin "La renaissance du temps" au chapitre 14 Je vais d'abord approfondir la question du temps avec la lecture du livre de Carlo Rovelli "par-delà le visible, la réalité du monde physique et la gravité quantique". Dans cet article 1), j'ai sauté directement à la troisième partie:  espace quantique et temps relationnel. Après les rappels historiques passionnants et des explications dont Carlo Rovelli a le secret concernant la relativité et la physique quantique, leurs limites et questionnements et qui ont abouti à ce que Lee Smolin décrit comme la crise de la physique avec son "rien ne va plus en physique", nous abordons ici les mystères de la gravitation quantique dont l'ambition est de dépasser ces problèmes et limites par une nouvelle théorie qui en réalisera peut-être l'unification. En effet, affirme le site matierevolution.fr"Aujourd’hui, notre physique est dominée par deux grands corpus théoriques : la relativité et la mécanique quantique. Malheureusement, ils semblent inconciliables, et chacun nécessite une conception du monde qui s’oppose à celle de l’autre. Ces problèmes sont particulièrement apparents lors de l’étude de l’univers primordial, des trous noirs et de la nature du vide. Les théoriciens cherchent une nouvelle théorie qui harmoniserait la physique. »

Nous avons ainsi vu dans mon article 1) au chapitre 3-3-3) que cette nouvelle théorie pourrait être la gravité quantique à boucles, qui combine la relativité générale et la mécanique quantique avec beaucoup de précaution, car elle n'utilise aucune autre hypothèse. Ces deux théories ont été réécrites pour qu'elles soient plus compatibles, mais les conséquences sont radicales. La relativité générale enseigne que l'espace n'est pas rigide et inerte, mais elle est dynamique, comme le champ électromagnétique. On l'a comparée à "un immense mollusque mobile dans lequel nous sommes immergés, qui se comprime et se tord". La mécanique quantique, elle, enseigne que tout champ est constitué de quanta, c'est  à dire qu'ils ont une structure fine granulaire. Il en découle que l'espace physique étant un champ, le champ gravitationnel, est lui aussi constitué de quanta. Il existe donc des quanta d'espace comme il existe des quanta de lumière ou des quanta d'autres champs. C'est la prédiction centrale de la théorie des boucles. Cette structure atomique granulaire y trouve une formulation et une mathématisation précises qui décrivent la structure quantique de ces grains d'espace et les équations qui déterminent leur évolution, les équations générales de la mécanique quantique de Dirac appliquées au champ gravitationnel d'Einstein. Tout comme la mécanique quantique qui est plus que la seule granularite des grandeurs physiques, il faut examiner deux autres aspects.
     -L'évolution de ces réseaux de spin n'est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité.
     -Nous ne devons pas penser aux choses  comme elles sont, mais à la manière dont elles interagissent. Donc nous ne devons pas regarder les réseaux de spin comme des entités, une "grille" laquelle le monde (extérieur) est posé, mais comme un effet de l'espace sur les choses. C'est la leçon d'Einstein à propos de l'espace absolu de Newton. Heisenberg nous l'a aussi appris, entre une interaction et une autre, l'électron n'est dans aucun lieu ou est diffus dans un nuage de probabilités dans tous les lieux, de même l'espace n'est pas un réseau de spins spécifique, mais un nuage de probabilités sur tous les réseaux de spin possibles.
A des échelles suffisamment petites qui vont jusqu'à l'échelle de Planck (mais existe t-elle?), l'espace est un pullulement fluctuant de quanta de gravité  qui agissent sur les choses, entre eux et tous ensemble. Ils se manifestent dans ces interactions comme des grains en relation les uns avec les autres dans ces réseaux de spins. Les liens entre les grains (les noeuds) ne sont nulle part, en aucun lieu. Ce sont eux, qui par leurs interactions, créent les lieux. Donc l'espace est créé par l'interaction de quanta individuels de gravité.
C'est ce que nous a appris mon article 1)
Maintenant dans ce nouvel article (article 2) nous allons revenir sur l'évolution de ces réseaux de spin qui n'est que probabiliste. La façon dont ils évoluent est fortuite et on ne peut en calculer que la probabilité. Nous allons découvrir que le temps n'existe pas.

2) Le temps n'est pas ce que nous croyons. (pages 161 à 164)
Exergue: "Nec per se quemquam tempus sentire fatemdumst semotum ab rerum motu..."   Lucrèce, de rerum natura (L I, 462-463).                                                                  
Lucrèce dans de rerum natura livre I (de la nature des choses:  http://ugo.bratelli.free.fr/Lucrece/LucreceLaNature.pdf)"Personne, il faut l'admettre, n'a le sentiment du temps en soi" dans "le mouvement des choses"
     -Dans l'article 1) sur les réseaux de spins, il n'a jamais été question du temps, la recherche en gravité quantique a tourné très longtemps autour des seules questions spatiales, sans affronter le temps. Or Einstein a montré qu'on ne peut pas séparer le temps et l'espace, mais qu'il faut les penser ensemble comme un tout unique, l'espace-temps. Nous allons donc maintenant ramener le temps dans le sujet, comme cela s'est produit au cours de ces 15 dernières années. L'espace, contenant inerte et amorphe des choses, disparaît de la physique avec la gravité quantique. Les choses devenues des quanta, ne résident plus dans l'espace, mais comme on l'a vu dans mon article 1), elles résident les unes dans le voisinage des autres et l'espace est le tissus de leurs relations (de voisinage). De la même manière, il faut aussi abandonner l'idée de temps comme flux inerte le long duquel se déroule la réalité, flux continu qui s'écoule et au cours duquel se produisent les phénomènes. De la même façon que l'espace n'existe plus (les quanta d'espace ne sont pas dans l'espace), de la même façon, le temps n'existe plus (les quanta de gravité n'évoluent pas dans le temps). C'est le temps qui naît comme conséquence de leur interaction. C'est ce que traduit l'équation de Wheeler-DeWitt qui ne contiennent plus la variable temps. Déjà en relativité générale, le temps apparaissait comme un aspect du champ gravitationnel. Mais en négligeant les quanta, on pouvait encore penser l'espace-temps de façon "conventionnelle", comme le cadre ou la "tapisserie" se déploie l'histoire temporelle du reste de la réalité, même si cette tapisserie est courbe. Mais dès qu'on tient compte de la mécanique quantique, le temps, qui doit avoir les aspects d'indétermination probabiliste quantique, de granularité et de relation, communs à toute la réalité, devient un temps tellement différent de tout ce que nous avons jusque là appelé "temps".
     - Le temps n'est pas ce que nous croyons.
La relativité générale a commencé à modifier l'idée commune que nous avons du temps depuis plus d'un siècle. Avant qu’Einstein ne présente au monde la relativité restreinte, en 1905, et la relativité générale dix ans plus tard, l’univers était simple : dans une boîte, l’espace, s’écoule le temps -le même pour tous. A l’intérieur on trouve de la matière, sur laquelle agissent des forces - la gravité, par exemple. Ces quatre concepts sont vus comme indépendants. « L’apport d’Einstein, c’est de dire qu’ils doivent être unifiés », résume Thibault Damour, spécialiste de la relativité générale et auteur de Si Einstein m’était conté. Aujourd'hui, l'inadéquation de nos préjugés est fréquemment vérifiée en laboratoire. Le temps ne passe pas de façon égale dans le monde. Dans certains lieux, il s'écoule plus vite ou plus lentement que dans d'autres. La théorie de la relativité générale a montré que le temps passe plus vite à plus haute altitude: "Depuis longtemps, les scientifiques avaient démontré ce curieux effet entre la Terre et l’espace, mais des physiciens viennent de mesurer cet effet dans le quotidien sur une différence d’altitude de seulement 33 cm, démontrant qu’on vieillit un peu plus vite quand on se trouve deux marches plus haut ! Que ceux qui habitent en montagne se rassurent, la différence est bien trop faible pour qu’on puisse le percevoir directement. Il s’agit seulement d’environ 90 milliardième de seconde de plus au cours d’une vie de 79 ans". Mais l'effet existe, il y a bien une différence réelle. Le temps ne fonctionne pas comme nous le pensons habituellement. "Nous ne pouvons pas penser le temps comme s'il s'agissait d'une grande horloge cosmique qui scande la vie de l'univers". Le temps universel newtonien est remplacé par un temps local: chaque objet dans l'univers a son propre temps et ce qui détermine ce temps, c'est le champ gravitationnel.
Ainsi, "Einstein aurait pu réellement bouleverser notre conception du temps il y a un siècle, mais ce bouleversement n'est pas entré dans les esprits, seulement dans nos GPS. Il n'a pas changé notre conception du monde, il n'a même pas été réellement pris au sérieux par les physiciens, ce qu'Einstein lui-même faisait remarquer à son ami Besso peu avant sa mort. Il a fallu attendre le début de notre XXIème siècle, avec Antoine Suarez et les résultats des expériences qu'il a fait faire à l'équipe de Nicolas Gisin" [...] En 2001, son équipe a reproduit et étendu la fameuse expérience d’Alain Aspect de 1982 qui avait mis en évidence la non localité, c'est à dire le constat que des phénomènes en mécanique quantique pouvaient être indépendants de l’espace. En effet, aucune communication entre deux objets très distants (ici des particules jumelles) n'était nécessaire pour qu'ils se comportent comme le même objet. Si l'on prend par exemple l'image d'un dé, tout se passait comme si les particules formaient à l'origine un seul dé dont on pouvait déduire la face cachée (pas encore lue) de sa face visible (lue), sauf qu'avec les particules les numéros ne se forment que lors de leur lecture [...] La conclusion tirée de cette expérience est que compte tenu de l'inversion chronologique constatée, l'information ou coordination qui était à l'origine de la corrélation entre les deux photons et qui n'est apparue qu'au moment de la mesure n'a pas pu transiter comme un signal fantôme de l'un vers l'autre. Elle était donc non seulement indépendante de l'espace mais aussi du temps.
voir http://www.doublecause.net/index.php?page=Antoine_Suarez.htm (antoine suarez, Le physicien qui a enterré le temps).







Certes à l'heure actuelle, on se familiarise de plus en plus avec le temps Einsteinien et le temps local, mais ce dernier ne fonctionne même plus quand on prend en considération la nature quantique granulaire du champ gravitationnel. Les faits quantiques ne sont plus ordonnés par un écoulement du temps sur les très petites échelles, de l'ordre de celle de Planck. Cela ne signifie pas que tout est immuable et que rien ne change, mais au contraire, cela signifie que que le changement est partout, mais les processus élémentaires ne peuvent plus être ordonnés en succession d'instants comme dans la vie courante où tout se passe comme si un chef d'orchestre battait une mesure universelle qui rythme les événements. Dans l'infiniment petit, chaque processus élémentaire "danse" indépendamment de ses voisins, en suivant son rythme propre. L'écoulement du temps est interne au monde. Il naît dans le monde à partir des relations entre des événements quantiques qui sont eux-mêmes le monde et et qui déterminent leur temps propre. Nous allons maintenant essayer de comprendre ce que peut signifier l'inexistence du temps.

3) Le pouls et le luminaire.
 Nous sommes habitués, voire conditionnés à utiliser la variables temps que l'on trouve dans presque toutes les équations de la physique classique. Cette variable est traditionnellement notée t. C'est Galilée le premier qui a compris que les mouvements des objets sur Terre pouvait être décrit par les mathématiques et par des équations pour des fonctions du temps telles que x(t) position d'un objet, A(t) amplitude d'oscillation d'un pendule, T(t) température d'un corps ... "La célèbre expérience de la chute des corps depuis la tour de Pise est bien connue (il est probable qu'en fait, Galilée n'a jamais fait cette expérience depuis la tour de Pise), son objectif consiste à mesurer le temps de chute de corps de différentes masses et de différentes natures. Galilée arriva à la conclusion (aujourd'hui classique), que ce temps de chute est le même pour tous les corps, quelque  soient leur poids, leur taille et leur nature. En d'autres termes, la vitesse de chute libre est la même pour tous les corps. Cela allait clairement à l'encontre de l'intuition, et Galilée l'expliquait par un raisonnement simple par l'absurde : Supposons qu'un corps plus massif tombe plus vite qu'un corps léger, alors, si on attache à l'aide d'une ficelle une grosse pierre et une petite et qu'on les lâche, la grosse pierre devrait être ralentie dans son mouvement de chute par la petite qui à priori tombe moins vite. Donc le couple petite pierre + grosse pierre tombe moins vite que la grosse pierre toute seule. Or, le couple petite pierre + grosse pierre est plus lourd que la grosse pierre toute seule, et donc devrait en fait tomber plus vite, ce qui est en contradiction avec ce que l'on a dit plus haut en appliquant un autre raisonnement fondé sur la même hypothèse. Cela est donc incohérent, et notre hypothèse de départ est fausse". C'est avec ces intuitions et avec l'utilisation des mathématiques que Galilée a fait basculer la physique dans l'ère moderne.
Les équations de la physique disent comment ces variables x, A, T changent avec le temps. La première loi physique terrestre trouvée par Galilée décrit comment un objet tombe sur Terre, c'est à dire comment sa hauteur x au-dessus du sol varie au cours du temps t. L'équation du mouvement est: x(t) = 1/2at². Pour découvrir et vérifier cette loi, Galilée    avait besoin de deux mesures:la hauteur x de l'objet et le temps t. Il avait donc besoin d'un un instrument de mesure du temps: une horloge: "A dix-neuf ans, dans l'église de Pise, debout dans son pourpoint de velours, son petit nez criblé de taches de son, levé vers une lampe qui pend de la voûte, Galilée semble distrait: par moments les portes claquent et la lampe se balance au bout de sa chaîne, parfois un peu largement, parfois très faiblement. C'est curieux! il semble à Galilée que les oscillations durent toujours le même temps. Décidément, il n'écoute pas un mot du sermon. Une deux, une deux, il mesure le temps aux battements de son pouls( les montres alors étaient rares....)."  "Mais ce sera à Christiaan Huygens (1629-1695), savant et mathématicien hollandais, que reviendra le privilège de construire en 1657 la première horloge viable, réglée par un pendule".  Mais on ne peut qu'être perplexe en écoutant cette légende. Comment Galilée pouvait t-il savoir que ses propres battements avaient tous la même durée, d'autant plus qu'il était ému. Ce n'est que quelques années après Galilée que les médecins ont commencé mesurer les battements du pouls de leurs patients en utilisant leur montre, qui n'était pas autre chose qu'un pendule. Alors, nous utilisons des battements pour nous assurer que des battements sont réguliers. N'est-ce pas un cercle vicieux? Qu'est ce que cela signifie? Cela signifie qu'en réalité nous ne mesurons jamais le temps et soi, mais des variables physiques comme les oscillations d'un pendule ou des battements de coeur etc..... Nous comparons seulement les variables par rapport à une autre, nous mesurons A(B), B(C), C(A) et ainsi de suite. Nous mesurons le nombre de battements du coeur pour chaque oscillation du pendule, le nombre de clics du chronomètre par rapport à l'horloge du clocher etc...C'est par utilité qu'on imagine qu'il existe une variable t, qu'on appelle le "vrai temps", même si on ne peut pas le mesurer directement. Les équations pour les variables physiques sont écrites par rapport à ce "t" inobservable. Elles disent combien les choses changent en "t", c'est à dire, par exemple,  combien de temps prend chaque oscillation du pendule ou chaque battement cardiaque. On peut alors calculer de combien les variables changent l'une par rapport à l'autre. Par exemple, combien de battements comporte une oscillation du pendule et confronter cette prévision avec les observations. Si les prévisions sont justes, on peut en déduire que ce schéma conceptuel est bon et en particulier qu'il est utile de d'introduire la variable temps t, même si on ne peut pas la mesurer directement. Cela signifie que l'existence de la variable temps t est une hypothèse et non le résultat d'observations. La légende a retenu que c'est dans la cathédrale de Pise que Galilée a eu son intuition en observant les lentes observations d'un gigantesque luminaire, encore suspendu là aujourd'hui.
Mais c'est Newton avec son temps newtonnien qui a compris comment utiliser cette hypothèse; il a éclairci et mis au point ce schéma. Il affirme que si nous ne pouvons pas mesurer le"véritable" temps t, mais que si nous supposons qu'il existe, nous pouvons construire un schéma très efficace pour comprendre et décrire la nature. Cela a conduit au monument qu'est la mécanique et la physique newtonienne avec sa Philosophiae naturalis principia mathematica.
Nous pouvons maintenant revenir à la gravité quantique, à son état actuel et à l'assertion "le temps n'existe pas". Cette assertion signifie en fait que le schéma qui a inauguré la démarche scientifique avec Galilée et qui a abouti à la physique newtonienne ne fonctionne plus quand on s'approche des dimensions de Planck. Nous devons alors renoncer à ce schéma, car l'idée d'un temps t qui s'écoule en soi et par rapport à quoi tout le reste évolue, n'est plus une idée efficace à l'échelle de Planck. Le monde n'y est pas décrit par des équations d'évolution dans le temps t. Que pouvons-nous faire alors? Carlo Rovelli suggère de nous limiter à lister les variables, A, B, C... qui sont effectivement observées et écrire les relations entre ces variables. Ce sont les équations A(B), B(C), C(A)... que nous observons en fait, alors que nous n'observons pas les relations A(t), B(t), C(t)...Pour revenir à l'exemple du pouls et du luminaire (de Galilée), nous n'aurons pas le pouls et le luminaire qui évoluent dans le temps, mais des équations qui nous disent comment chacun évolue l'un par rapport l'autre. Elles ne parlent pas du temps t de chaque phénomène, mais elles disent directement combien il y a de battements de pouls durant une oscillation du luminaire, sans parler de t. Une nouvelle physique sans évoquer temps est nécessaire pour penser le monde d'une nouvelle manière, non d'une chose qui change avec le temps. En effet, les choses changent seulement les unes avec les autres. L'impression qu'il existe un temps qui s'écoule n'est qu'une approximation que nous "sentons" à nos échelles macroscopiques et qui vient du fait que nous observons le monde que d'une manière grossière. 
Dans le monde que décrit la théorie, il n'y a pas d'espace que qui "contient" le monde, ni le temps qui nous est familier, au cours duquel se produisent les fait. Mais on trouve des processus élémentaires où des quanta d'espace et de matière interagissent sans arrêt. Nous avons l'illusion d'un espace et d"un temps continus qui est due à la vision floue de ce pullulement de processus élémentaires. Une image peut en être celle d'un lac limpide formé par la danse effrénée de myriades de molécules d'eau... 

Tout cela me fait réfléchir aux idées du temps que des penseurs tels que Henri Bergson, Alfred North Whitehead exprimées dans le livre de Rupert Sheldrake "réenchanter la science" aux éditions "j'ai lu", en particulier au chapitre 4 "La matière est-elle inconsciente -page 184", voir le paragraphe "événement et durée" page 201. Whitehead, dont Bertrand Russel fut l'élève, a écrit avec lui "les Principia Mathematica", une des oeuvres majeures de la philosophie des mathématiques, (1910-1913). Whitehead développa ensuite une théorie de la relativité qui faisait des prédictions quasiment identiques à celles d'Einstein. Il fut le premier philosophe à intégrer les implications radicales de la physique quantique. Il a vu que "la théorie quantique (théorie de la matière-onde) détruisait notre perspective essentiellement spatiale des corps matériels, vus comme des objets existant à certains moments dans le temps mais sans temporalité inscrite en eux. Selon la physique quantique, chaque élément premier de la matière est un système organisa de flux vibratoire." (note 29 page 553). Pour Whitehead, une onde n'existe pas à un instant (t) mais s'inscrit dans le temps; chaque vibration relie le passé et l'avenir. le monde physique n'est pas fait d'objets physiques, mais de véritables entités ou événements, c'est à dire de quelque chose qui arrive, qui a un devenir et qui n'a pas le temps hors de lui, mais en lui. Ce n'est pas une chose, mais un processus. Whitehead écrivait: "Un événement, en se réalisant, déploie une forme qui exige une durée impliquant un écart de temps défini, et pas simplement un moment instantané (note 29 page 553 cité dans Griffin). Cela conduit à la conclusion à laquelle Bergson était déjà arrivé: il n'y a pas de matière intemporelle, les objets physiques sont des processus qui ont en eux le temps, une durée interne. La physique quantique montre qu'il faut un temps minimum aux événements, parce que tout est vibratoire et qu'une vibration ne peut être instantanée. Les éléments fondamentaux de la nature, photons et électrons inclus, sont temporels aussi bien que spatiaux. "Il n'est aucune nature dans un instant" (note 30 page 553)
Chez Whitehead, on trouve ensuite une vision peut-être plus étonnante et originale, la relation corps-esprit envisagée comme un relation s'inscrivant dans le temps. Ordinairement, on la conçoit comme une relation spatiale: l'esprit se situe dans le corps alors que le monde physique se trouve au-dehors. Même du point de vue matérialiste, l'esprit est littéralement "au-dedans", au-dedans du cerveau, isolé dans l'obscurité du crâne. Il a une vie intérieure, alors que le reste du corps et le monde sont "au-dehors". Mais, à l'opposé, pour Whitehead, l'esprit et la matière sont reliés. C'est le temps et non l'espace qui est la clé de leur relation. Ce qui est réel consiste en moments, chaque moment informant le suivant. Il faut ressentir la différence entre le maintenant et les moments passés et futurs. Chaque réalité est un moment d'expérience qui devient un moment du passé quand il prend fin et devient un nouveau sujet d'expérience quand il est remplacé par un nouveau "maintenant". Le moment qui vient d'expirer devient et qui est devenu un moment du passé devient un objet pour le nouveau sujet (maintenant)... C'est ce qui fait dire à Whitehead "Maintenant sujet, ensuite objet" (note 31 page 553 cité par  -Christian de Quincey). L'expérience concerne toujours le "maintenant". La matière, elle, est toujours "avant". La causalité physique, comme dans la physique classique est le lien qui va du passé au présent. Le lien qui va du présent vers le passé est la sensation, que Whitehead nomme "la préhension", c'est à dire littéralement la prise ou la saisie.
Selon Whitehead, tout événement, toute circonstance réelle est donc déterminée par des causes physiques passées (causalité physique) et par un sujet créateur et "rénovateur de lui-même" qui choisit à la fois son propre passé et ses futurs potentiels. Il sélectionne les aspects du passé qu'il intègre dans le présent à son être physique par ses préhensions et il choisit les possibilités qui déterminent son avenir. Ses souvenirs sélectifs le relient à son passé et ses choix déterminent son avenir. Et ceci, toujours selon Whitehead, concerne tous les processus tels que les événements quantiques; ils sont à la fois physiques et mentaux: ils ont une direction temporelle. Cela ne veut pas dire que les atomes ont ont la même conscience que les êtres humains, mais qu'ils ont des expériences, des émotions et des sentiments qui sont de fait plus fondamentaux que la conscience humaine. Tour événement mental est informé et conditionné causalement par les événements matériels et ceux-ci sont eux-mêmes composés d'expériences passées. La "connaissance", pense whitehead, peut advenir uniquement parce que "le passé afflue dans le présent" et lui donne forme et structure en permettant au sujet de choisir parmi les possibilités qui aident à déterminer son futur (note 32 page 553 -cité par de Quincey).
La philosophie de whitehead est difficile à suivre en particulier dans son livre Procès et Réalité. "Celui-ci fait suite à sa longue collaboration avec Bertrand Russell et qui mena à leur coécriture des Principia Mathematica. Elle stipule les conditions que doivent, ou devraient, remplir tout système spéculatif : être cohérent, logique, applicable, adéquat et nécessaire afin de pouvoir interpréter toute notre expérience (3'4). Le livre se veut comme une enquête afin de développer, élargir la métaphysique par une série de questions religieuses et philosophiques, démontrant que cela ne se peut sans un système élaboré pour la compréhension de chaque science, et d'en extraire l'expérience (5). Dans Procès et réalité, Whitehead expose sa philosophie de l'organisme, aussi appelée philosophie du processus. Cette philosophie y sert de toile de fond à un paradigme de la subjectivité (6), que Whitehead appelle aussi « un langage métaphysique complété ».Ses idées ouvrent des perspectives intéressantes sur la relation temporelle entre matière est esprit même si elles sont très abstraites. L'un de ses vulgarisateurs actuels est Christian de Quincey qui a été évoqué ci-dessus dans les notes. Voici ce qu'il dit de ses idées: "Pensez à la réalité comme faite d'innombrables milliards de milliards de "moments-bulles" où chaque bulle est la fois physique et mentale -une bulle ou quantum d'énergie sensible. [...] Chaque bulle existe pendant un moment puis clac! et le "gaz" qui en résulte est le "truc" objectif qui compose le prochain moment-bulle. [...] Le temps est notre expérience de la succession des bulles momentanées d'être (ou de devenir) qui éclatent en entrant et sortant du moment présent (de maintenant). Nous ressentons cette succession de moments comme le flux du présent glissant dans le passé, sans cesse réalimenté par de nouveaux moments de "maintenant" venus d'une source intarissable que nous identifions le futur. [...] Le futur n'existe pas, sinon comme potentiels ou possibilités dans le moment présent - dans l'expérience qui - est toujours conditionné par la pression objective du passé (le monde physique) La subjectivité, (la conscience, l'attention), est le "ce-que-ça-fait " d'expérimenter ces possibilités et de choisir à partir d'elles de créer le nouveau moment d'expérience suivant (note 33 page 553). En fait la relation entre l'expérience consciente et le temps a fait l'objet d'expériences scientifiques aux résultants intrigants (voir le chapitre 4 du livre de Sheldrake "réenchanter la science"  paragraphe  -expérience consciente et activité cérébrale pages 205 à 208 et pages 208 à 212 -Esprit conscient et inconscient").
Après cet intermède sur cette vision du temps, examinons le paragraphe suivant de ce chapitre 7 du livre de Carlo Rovelli, "le temps n'existe pas".


Remarque - Bergson et le temps:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson#La_durée: Bergson oppose durée de la conscience et temps scientifique)
http://www.persee.fr/doc/phlou_0776-555x_1912_num_19_75_2025: La notion bergsonnienne du temps. L'espace est défini par quantité et homogénéité, donc mesurabilité. Le temps, au contraire est défini par qualité pure et hétérogénéité, exclusive de toute quantité, homogénéité et mesurabilité. La durée pure n'est qu'une succession de changements qualitatifs qui se fondent et se pénètrent sans contour précis)
https://philitt.fr/2015/11/13/henri-bergson-la-duree-comme-conception-intuitive-du-temps/: Bergson regarde la durée comme conception intuitive du temps. Alors qu'Aristote exprimait déjà l'idée de mesurabilité du temps dans la Physique lorsqu’il écrivait que le temps était « le nombre du mouvement selon l’antérieur et le postérieur »À sa suite, les scientifiques appréhendent le temps sous forme de simples équations et ne peuvent donc pas le saisir dans sa complexité et dans ce que Bergson appellera sa durée.)
http://jeanjaures.over-blog.fr/article-le-temps-selon-bergson-1-61815320.htmll

4) Sushis d'espace-temps.
fig.1 wukali.com: le temps passe t il? discours thibault damour
Comment s'appliquent ces idées d'une physique sans temps à la gravité quantique, alors qu'il n'y a ni l'espace contenant le monde, ni le temps au cours duquel le monde évolue? Il faut alors se demander comment se situent les processus physiques normaux dans l'espace et dans le temps. Prenons un processus, par exemple le choc de deux boules de billard, une boule rouge lancée sur une boule bleue. La rouge s'approche, heurte la bleue, et les deux boules s'éloignent dans deux directions opposées. Ce processus advient dans une zone finie de l'espace, par exemple sur une table de 2 m de côté et dure un intervalle de temps de de 3 s. Pour le traiter selon la gravité quantique, il faut inclure l'espace et le temps dans le processus comme indiqué sur la fig. 1 ci-contre et tous les objets matériels qui sont dans cette région (ici la table de billard). Rappelons qu'espace et temps sont un champ gravitationnel (le mollusque d'Einstein), que nous devons donc inclure dans le processus. Tout est intégré dans ce fameux mollusque d'Einstein. Imaginons qu'on en découpe une portion finie, telle un morceau de sushi, portion qui comprenne le choc des des  boules et ce qu'il y a autour. Nous obtenons la boite d'espace-temps telle qu'on peut la représenter par la fig1, c'est à dire un morceau fini de d'espace-temps de quelques mètres cubes de volume durant quelques secondes de temps. Mais, souligne Rovelli, ce processus ne se produit pas dans le temps.  En effet, la boite n'est pas dans l'espace-temps, elle inclut l'espace-temps et le processus ne se déroule pas dans le temps, de même que les grains d'espace ne sont pas dans l'espace. En fait, le processus est "en soi" le déroulement du temps, de même que les quanta de gravité ne sont pas dans l'espace, car ils sont eux-même l'espace.
Pour comprendre comment fonctionne la gravité quantique, il faut ne pas considérer que la processus physique des deux boules de façon réductionniste, mais le processus dans son intégralité avec la boite et tout ce qu'elle contient, y compris le champs gravitationnel. L'intuition originelle de Heisenberg est que la mécanique quantique ne nous dit pas ce qui se passe au cours d'un processus, mais qu'elle ne peut parler que de la probabilité qui lie les différents états initiaux et finaux de ce processus. Ils sont donnés par tout ce qui se produit au bord de la boite d'espace-temps. Ce bord est par exemple la probabilité que les deux boules sortent de la collision de telle ou telle façon selon qu'elle y sont entrées de telle ou telle façon. C'est ce que les équations de la gravité quantique à boucles donnent, la probabilité associée à tout bord de la boite possible. En gravité quantique, les probabilités peuvent être calculées de la même manière que la somme sur les chemins (l'intégrale de chemins) pour les diagrammes de Feynman, c'est à dire en considérant tous les parcours possibles qui ont le même bord. Comme nous considérons ici la dynamique de l'espace-temps, il s'agit donc de tous les espace-temps possibles de la boite qui ont le même bord. En mécanique quantique, il n'y a pas un espace-temps précis ou un parcours défini des boules entre le bord initial où entrent les deux boules, et le bord final, où elles sortent, mais une sorte de "nuage" quantique, dans lequel existent à la fois tous les espaces-temps possibles et tous les chemins possibles.La probabilité de voir sortir les boules de telle ou telle façon est calculée, comme dans la méthode de Feynman (intégrale de chemin), en faisant la somme de tous les espaces-temps possibles.Voir note 4 page 170: "Les premiers calculs importants sur les collisions gravitationnelles de particules avec des techniques de mousses de spin (voir paragraphe suivant) on été complétés par Emmanuele Alesci, qui travaille actuellement en Pologne, Claudio Perini et Elena Magliaro , contraints d'abandonner la recherche théorique à cause du petit nombre de postes de recherche (liste des chercheurs gravité quantique).

5) Mousses de spins.
__________________________________________________
fig 1. http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm
figure 1 à gauche, un graphe formé de noeuds reliés par des liens
 et à droite les grains d'espace que le graphe représente. 
Dans l'article 1), nous avons vu que l'espace quantique a la structure d'un réseau voir comme exemple la fig. 1 ci-contre (réseaux de spin). Mais quelle structure un espace-temps quantique aura t-il? Comment sera un de ces espaces-temps qui entrent dans le calcul dont nous venons de parler? Ce sera une histoire (consistante au sens de David J Griffith), c'est à dire un chemin (au sens de Feynman) du réseau. C'est le problème de la mesure quantique qui a amené David Griffith a proposer l'interprétation des histoires consistantes de la mécanique quantique pour faire disparaître les paradoxes. Il n'y aurait plus de problème de non-localité, de superposition d'états, de rétro-causalité
Imaginons que l'on déplace un réseau: Chaque sommet va décrire une ligne, (comme les deux boules de la fig 1 du chapitre 4), et chaque ligne, en se déplaçant, dessinera une surface de même qu'un segment va créer un rectangle. Mais un nouveau phénomène apparaît, nous dit Carlo Rovelli, un sommet peut s'ouvrir en deux ou plusieurs sommets, de même qu'une particule peut se décomposer en deux ou plusieurs particules. Et comme les particules, deux ou plusieurs sommets peuvent se recombiner en un seul. Dans le schéma ci-dessous, trois sommets (à droite) se combinent en un seul, avant de se séparer à nouveau. A gauche, en couleurs, la "mousse de spin" que ce processus dessine. 
fig. 2 http://gravitations.pagesperso-orange.fr/boucles.htm: mousses d'espace-temps

Le triangle orange représente deux noeuds en cours de fusion à partir d'un point vertex interne sur l'arête commune des faces rouge et bleue.
C'est une mousse parce qu'elle est faite de surfaces qui se coupent selon des lignes qui se recoupent aux sommets.  C'est exactement la structure de la mousse de savon où les bulles se rencontrent elles-aussi sur des lignes qui s'unissent aux sommets comme on peut le voir sur la fig. 3 ci-dessous.


fig 3. http://www.funsci.com/fun3_fr/coll/coll.htm (phénomènes de surface et colloïdes)
On l'appelle mousse de spin car les lignes du réseau de spin sont "labellisés" par des spins qui sont, comme on l'a vu des nombres semi-entiers, donc les faces sont aussi "labellisées par des spins. Pour calculer les probabilités d'un processus, il faut, comme on l'a dit dans le chapitre 4, additionner toutes les mousses de spins possibles qui sont dans la boite, c'est à dire qui ont le même bord où le  bord représente le réseau de spins et la matière qui entre et sort du processus. Les équations de la gravité quantique à boucles expriment ces probabilités qui sont finalement des sommes sur les mousses de spins à bord déterminé. De cette manière, on peut, en principe, calculer les probabilités de tous les événements. 

Rappel sur les théories quantiques des champs qui constituent le modèle standard des particules élémentaires.
fig. 4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Diagramme_de_Feynman

 A un premier genre appartient l'électrodynamique quantique (QED) construite par Feynman, une des composantes du modèle standard. Pour y faire des comptes, on calcule des nombres associés aux diagrammes de Feynman (voir fig.4 ci-dessus).
La figure représente deux particules, ici des électrons, qui interagissent entre eux. Au début, l'électron de gauche se "dégrade" en deux particules (électron et photon), dont l'une (le photon) se divise à son tour en deux particules (un positon et un électron), qui en suite se réunissent à nouveau et vont confluer dans l'électron de droite et ainsi de suite. C'est une histoire de quanta de champ telle que nous l'avons évoquée au début de ce chapitre 5. 

Un deuxième genre de théorie quantique de champ est illustré par la chromodynamique quantique (QCD) qui décrit, par exemple les forces entre les quarks à l'intérieur du proton. E QCD, il est souvent difficile, voire impossible, d'appliquer la technique des diagrammes de Feynman, mais on peut appliquer une autre technique, "la théorie du réseau". Il s'agit de modéliser l'espace physique continu à l'aide d'un réseau, comme représente dans la fig. 5.
fig. 5 https://fr.wikipedia.org; réseau (géométrie)
Mais dans le cas de la gravité quantique, ce réseau n'est pas considéré comme une vraie description de l'espace mais comme une approximation utile pour effectuer les calculs (modélisation par un nombre fini d'éléments).  Voir à ce sujet le chapitre 5 sur le lien QCD sans peine ci-dessous.
http://www.th.u-psud.fr/page_perso/Pene/Ecole_predoctorale/joliot.pdf (QCD SANS PEINE ECOLE INTERNATIONALE JOLIOT CURIE DE PHYSIQUE NUCLEAIRE)
et le lien https://indico.in2p3.fr/event/322/contributions/26390/attachments/21330/26160/pierreantoine.pdf (méthodes de calcul en QCD sur réseau)
 ]
Ces deux techniques de calcul, les diagrammes de Feynman et le calcul sur réseau pour la QCD, sont les outils les plus efficaces pour la théorie quantique des champs. Une heureuse surprise se révèle en gravité quantique, les deux techniques s'y confondent car la mousse d'espace-temps (voir la fig. 2 chapitre 5) qui sert à calculer les processus physiques en gravité quantique peut s'interpréter soit comme un diagramme de Feynman, soit comme un calcul sur réseau.
C'est un graphique de Feynman, une histoire de quanta, mais en gravité quantique, il ne s'agit plus de quanta évoluant dans l'espace, mais des quanta d'espace "en soi". La graphe qu'ils dessinent dans leurs interactions n'est plus une représentation du mouvement des quanta (les particules) dans l'espace, mais une représentation de la trame de l'espace même (le quantum d'espace lui-même). Et cette trame est aussi un réseau comme celui qui est utilisé dans les calculs en QCD. Il ne s'agit plus maintenant d"une approximation mais de la structure réelle granulaire de de l'espace aux plus petites échelles. Il s'avère que les calculs en QED (diagrammes de Feynman) et et QCD (calcul sur réseau), sont des cas particuliers d'une technique générale, qui est la somme sur les mousses de spins de la gravité quantique. Voici maintenant en Page 175 fig. 7.7 du livre de Carlo Rovelli, similaires à l'équation d'Einstein 
,l'ensemble complet des équations qui décrivent la théorie:
1) HGAMMA = L2[SU(2)L/SU(2)N]
2) [Lai,Lbj] = iδabεkijLak
3) (PSL(2C)oYyΨν)(I)

1) Cette équation définit l'espace de Hilbert de la théorie. Voir ex chap 2.2.1 de https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf  
2) définit l'algèbre des opérateurs de la théorie.
3) définit l'amplitude de transition à chaque sommet de la mousse de spins, ce qui permet de calculer les probabilités comme dans les diagrammes de Feynman. Voir la fig. 2 de ce chapitre 5 où 3 sommets se recombinent en un seul et où on voit, à gauche et en couleurs, la "mousse de spins" que ce processus dessine. L'amplitude de transition déterminée par cette mousse est un (2-complex), où le triangle de la fig. 6 ci-dessous représente deux noeuds en cours de fusion à partir d'un vertex interne. Après la fusion, on constate que c'est la disparition d'un quantum d'espace qui produit le temps. Nous sommes bien en présence de la plus petite entité de temps, le quantum de temps.
fig 6 http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm
Ces équations sont la version mathématique de la description du monde que propose la théorie. Mais, dit Rovelli, "nous ne sommes pas sûrs qu'il s"agisse vraiment des bonnes équations... mais c'est, me semble-t-il, ce que pour l'instant nous comprenons le mieux". 
En résumé, l'espace est un réseau de spins, dont les noeuds représentent les grains élémentaires, et les liens leurs relations de voisinage. L'espace-temps est créé à partir des processus où ces réseaux de spins se transforment les uns en les autres, et ces processus sont exprimés par des sommes de mousses de spins, où une mousse représente un parcours idéal d'un réseau de spins, c'est à dire un espace-temps granulaire, où les sommets du réseau se combinent et se séparent. Ce pullulement microscopique de quanta à l'origine de l'espace et du temps obéit au calme apparent de la réalité macroscopique qui nous entoure. Chaque centimètre cube d'espace et chaque seconde de temps qui passe sont le résultat de cette mousse dansante de quanta minuscules.

6) De quoi le monde est-t-il fait?
Nous en sommes arrivés au point où l'espace de fond tel qu'on le connait a disparu, le temps a disparu ainsi que les particules et les champs classiques. 
Depuis Newton, le monde a évolué:
Newton:                          Espace  Temps                            Particules
Faraday-Maxwell:          Espace  Temps                       Champs  Particules
Einstein 1905:                Espace-temps   Champs                       Particules
Einstein 1915:                Champs covariants                                Particules
Mécanique quantique:  Espace-temps                        Champs quantiques          
Gravité quantique:                            champs quantiques covariants

L'aboutissement de cette évolution est que les particules sont des quanta de champs quantiques, l'espace n'est qu'un champ, lui aussi quantique. On vient de voir que le temps naît à partir de des processus de ce même champ. Autrement dit, le monde est entièrement fait de champs quantiques. Comme nous l'avons vu, ces champs ne se situent pas dans l'espace-temps. Ils vivent "les uns sur les autres", de façon comparable aux états de superposition quantique, des champs sur des champs. L'espace et le temps que nous percevons à grande échelle sont l'image floue et approchée d'un de ces champs quantiques, le champ gravitationnel. Ils vivent en eux-mêmes, sans avoir besoin d'un espace-temps qui leur serve de substrat. Ils sont appelés champs quantiques covariants et sont capables d'engendrer l'espace-temps. Ainsi, le monde, les particules, l'énergie, l'espace et le temps ne sont que la manifestation de cette entité, le champ quantique covariant. Pour Carlo Rovelli, c'est sans doute la meilleure description que nous ayons aujourd'hui de la substance primordiale qui forme le tout, conçue par le premiers savant et philosophe Anaximandre, l'apeiron ("L'apeiron (en grec ancien ἄπειρον / apeiron) est un concept philosophique présenté la première fois par Anaximandre au vie siècle av. J.-C. ( voir La Parole d'Anaximandre ) pour désigner ce principe originel que recherchaient les tenants de l'école milésienne. Thalès voyait en l'eau le principe originel, la substance de toute chose. Pour Anaximandre, c'est l'apeiron, qui signifie illimité, indéfini et indéterminé, qui est le principe et l'élément de tout ce qui existe. L’apeiron est inaccessible à la sensibilité, mais il doit exister. Il est nécessaire pour expliquer l’existence de tout ce que nous percevons. Il ne peut posséder de qualité déterminée et n'est désigné que négativement"). Werner Heisenberg a pu déclarer dans Physique et Philosophie": "Toutes les particules élémentaires pourraient se réduire à une substance universelle que nous pouvons appeler énergie ou matière; mais aucune de ces diverses particules ne pourrait être préférée aux autres comme étant plus fondamentale. Ce dernier point de vue correspond naturellement à la doctrine d'Anaximandre, et je suis convaincu qu'en physique moderne, c'est ce point de vue qui est le bon."
Nous en sommes maintenant au point où on peut aller au-delà de l'apparente contradiction entre l'espace continu et courbe de la relativité générale et les quanta discrets de la mécanique quantique qui vivent dans un espace plat et uniforme. Entre le continuum de l'espace temps et les quanta d'espace discrets il y a une relation qu'on peut comparer à celle qui existe entre les ondes électromagnétiques et les photons. On peut dire que les ondes sont une vision approximative à grande échelle des photons et les photons sont la façon les ondes interagissent. De même, l'espace et le temps continus sont une vision approximative à grande échelle de la dynamique des quanta de gravité qui sont eux-mêmes la façon dont l'espace et le temps interagissent. Les mathématiques décrivent le champ gravitationnel quantique de même que les autres champs quantiques. 
Mais le prix à payer, c'est qu'il faut conceptuellement renoncer à notre vision habituelle de l'espace et du temps comme structures générales dans lesquelles penser et intégrer le monde et ne voir l'espace et le temps que comme des approximations qui n'apparaissent qu'à grande échelle. Kant, avec sa théorie de la connaissance, pensait avec raison que le sujet de la connaissance et son objet sont inséparables, mais il regardait à tort le temps et l'espace comme des formes a priori de la connaissance c'est à dire des parties d'une grammaire indispensable pour comprendre le monde.
En fait, si on regarde en profondeur, la relativité générale et la mécanique quantique ne sont pas tant dans la tension qu'on décrit généralement, elles se parlent plutôt et se donnent la main. Les relations spatiales qui tissent l'espace courbe d'Einstein (continuum à notre échelle), sont les interactions qui tissent les relations entre les systèmes élémentaires de la mécanique quantique. Elles deviennent compatibles comme les deux faces "d'une même médaille" quand on pense l'espace et le temps comme deux aspects d'un champ quantique, qui peuvent exister sans avoir besoin du support d'un espace externe.  
Le principal avantage de cette physique, comme nous le verrons dans dans la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, c'est que les infinis qui embarrassaient la théorie quantique des champs disparaissent lorsqu'on ne fait plus l'hypothèse que l'espace est continu. Les singularités qui rendaient absurdes les équations d'Einstein quand le champ gravitationnel devenait trop grand (la courbure tend alors vers l'infini) disparaissent également. Elles venaient du fait qu'on négligeait la quantification du champ. 


En conclusion de cet article. 
Dans l'article suivant, consacré à la quatrième partie du livre de Carlo Rovelli, nous verrons quelques conséquences physiques de cette théorie. On peut sans doute difficilement s'imaginer et penser ces entités discrètes qui ne sont ni dans l'espace, ni dans le temps et qui pourtant tissent l'espace et le temps par leurs relations. Mais n'en n'était-il pas de même quand Anaximandre déclarait:que sous nos pieds il n'y avait sans doute que le même ciel que celui que nous voyons au-dessus de nos têtes (Il fut le premier à employer ce terme : 'principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent )? Ou  d'Aristarque de Samos qui a découvert, en mesurant la distance de la lune et du soleil, que ces objets sont très éloignés et qu'il ne s'agit pas de petites boules, mais d'astres gigantesques? Ou enfin de Hubble quand il a compris que les petits nuages au milieu des étoiles sont en fait d'immenses mers d'étoiles immensément lointaines?  
Avec Carlo Rovelli on peut conclure ce chapitre "le tempe n'existe pas": "Le monde n'a cessé de s''élargir autour de nous pendant des siècles. Nous voyons plus loin, nous le comprenons mieux et demeurons stupéfaits devant sa diversité, toujours plus vaste que ce que nous pouvons imaginer, et devant le caractère limité des images que nous en avons. En même temps,  la description que nous parvenons à en donner devient plus restreinte, mais aussi plus simple. Nous sommes des petites taupes aveugles sous la terre, qui savent peu, voire rien du monde, mais nous continuons à apprendre".
"Tout le récit qu'ils nous ont fait de cette nuit [...] est plus convaincant que de fantastiques visions;  - il a le caractère d'une grande consistance, - tout étrange et tout merveilleux qu'il est. " William Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été.
Mon prochain article s'intitulera: Au-delà de l'espace et du temps.

Liens chapitre 5:
http://www.crdp-strasbourg.fr/je_lis_libre/livres/Shakespeare_LeSongeDUneNuitDEte.pdf (William Shakespeare "le songe d'une nuit d'été")
https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/1958-v14-n1-ltp0952/1019959ar.pdf (Mythe et Philosophie chez Anaximandre1 « Anaximandre affirme que le principe et l’élément des êtres est Yapeiron. Il fut le premier à employer ce terme : 'principe. Il assure que ce principe n’est ni l’eau, ni aucune de ces substances qu’on appelle éléments. C’est au au contraire une certaine autre nature apeiron, de laquelle naissent tous les cieux et tous les mondes que ces cieux contiennent)
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4027 (Pourquoi il n’y a pas de trajectoire du mouvement des particules en physique quantique ?)
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article38 (Matière et lumière dans le vide: Les particules n’accèdent à l’existence dans le monde ordinaire que grâce à un processus de création-annihilation dans ce plein qu’est le vide)
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article447 (Où en est l’unification quantique/relativité)
http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/cosmologie-quantique-boucles-ou-145248  (par Bernard Dugué (son site) Cosmologie quantique, boucles ou cordes, la fin du monde moderne est-elle en vue)
http://www.forum-conquete-spatiale.fr/t17651-equation-de-schrodinger-et-test-de-quantification-du-champ-gravitationnel
Equation de Schrödinger et test de quantification du champ gravitationnel Sam 16 Avr 2016 
Deux papiers trouvés sur arXiv.org au grès de mes pérégrinations, décrivant une proposition d'expérience avec un dispositif optique et mécanique pour trancher si les champs gravitationnels peuvent être quantifiés ou pas (il s'agirait d'un micro-disque supraconducteur en osmium). Langue de Shakespeare et solide bagage mathématique exigés...
Optomechanical test of the Schrödinger-Newton equation (PDF)
Effects of Newtonian gravitational self-interaction in harmonically trapped quantum systems (PDF)
Un article explicatif sans maths, mais avec quelques graphiques de niveaux d'énergies d'un système quantique perturbé par une interaction gravitationnelle faible :
A newly proposed table-top experiment might be able to demonstrate that gravity is quantized
http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (mousses de spins en gravité quantique)
https://sciencetonnante.wordpress.com/2016/09/02/la-gravite-quantique-a-boucles/ (la gravité quantique à boucles)
http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-gravitation-quantique-boucles-8832/ (la gravité quantique à boucles)
http://www.astrosurf.com/luxorion/gravite-quantique-boucles-lqg2.htm (la théorie de la gravitation quantique à boucles)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chromodynamique_quantique_sur_r%C3%A9seau (chromodynamique quantique sur réseau)

https://arxiv.org/pdf/gr-qc/0309028.pdf (Boucles et Mousses de Spin en Gravité Quantique)
http://feynman.phy.ulaval.ca/marleau/pp/02electrofaible/II.htm (introduction à l'électrodynamique quantique) http://feynman.phy.ulaval.ca/marleau/pp/05jauge/jauge4.htm (la chromodynamique quantique)
http://gps.ijl.univ-lorraine.fr/webpro/chatelain.c/GroupeM/Colloque-Mars09/PDF/GCohenTannoudji.pdf (Les diagrammes de Feynman, la partition du modèle standard Gilles Cohen-Tannoudji - l'intégrale de chemins)

https://www.belial.fr/o/blog/l-enigme-de-l-univers (Sur l'île artificielle d'Anarchia, située en plein Océan pacifique, se déroule un colloque durant lequel doit être présentée la Théorie du Tout, censée décrire et expliquer l'Univers à l'aide d'outils mathématiques. Un journaliste scientifique, envoyé pour couvrir l'événement, va se retrouver mêlé à une intrigue d'une grande complexité, riche en considérations philosophiques et métaphysiques, qui débouche, comme toujours chez Greg Egan, sur une vision mécaniste, une sorte de « behaviorisme quantique » aux implications vertigineuses) Greg Egan
http://www.cnrs.fr/publications/imagesdelaphysique/couv-PDF/IdP2011/06_Rovelli.pdf (de la gravitation quantique à boucles par carlo rovelli) 
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00337352/document (Modèles de mousses de spin pour la gravité quantique en 3 dimensions David Louapré)
http://www.ens-lyon.fr/DSM/SDMsite/M2/stages_M2/Dupuis.pdf (Mousses de spins en gravité quantique)
https://arxiv.org/pdf/hep-th/0601129.pdf (Mousses de spins en gravité quantique)
http://inspirehep.net/record/871199/files/Valentin_Bonzom-thesis-Quantum_Geometry_in_Spin_Foams-Géométrie quantique dans les mousses de spins De la théorie topologique BF vers la relativité généraleFrom_the_topological_BF_theory_towards_general_relativity.pdf (Géométrie quantique dans les mousses de spins De la théorie topologique BF vers la relativité générale  thèse de Valentin Bonzomà

Les champs:
http://www.astrosurf.com/luxorion/quantique-champ.htm (le concept de champ)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_quantique_des_champs#Champs_quantiques (champs quantiques: La façon dont la théorie des champs fut introduite par Dirac à partir des particules élémentaires est connue pour des raisons historiques sous l'appellation de seconde quantification)
http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/seconde-revolution-quantique-les-141982  (Seconde révolution quantique : Les particules et les champs n’existent pas ! La « déchirure ontologique » dans la matière et la revanche de Platon par Bernard Dugué)
http://lesgrandesquestionsdelavie.over-blog.com/2014/12/les-champs-quantiques-informationnels-substrats-de-l-univers.html (Les champs quantiques informationnels, substrat de l'univers)
http://www.wearealgerians.com/up/uploads/139918943449942.pdf (Théorie quantique des champs)
https://media4.obspm.fr/public/ressources_lu/pages_relat-gene/impression.html (Le continuum espace-temps de l'univers)
http://www.philipmaulion.com/2017/05/emergence-pourquoi-les-physiciens-recourent-ils-a-cette-notion.html (Pourquoi les physiciens recourent t-ils à la notion d'émergence? premier exemple de la survenue de la notion d’émergence celui relatif à la théorie de la gravité quantique à boucles telle qu’elle est présentement développée par Carlo Rovelli. Il écrit : « Il n’y a pas de temps dans la gravité quantique à boucles… Qu’est-ce donc enfin que le temps, et son « écoulement ?» « Le temps doit émerger (sic), comme l’espace, du champ gravitationnel quantique[1]. » Selon l’auteur, les raisons pour lesquelles l’espace et le temps ne résultent que d’un processus émergent, c’est qu’ils ne sont pas réels car selon lui le monde est fait de champs quantiques invariants)


Liens chapitre 3 et 4:
https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2017-3-page-503.htm (réenchanter la science, résumé synthétique)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_et_r%C3%A9alit%C3%A9 (Procès et réalité : Essai de cosmologie: oeuvre de Whitehead, 1929. Elle fait suite à sa longue collaboration avec Bertrand Russell qui mena à leur coécriture des Principia Mathematica. Elle stipule les conditions que doivent, ou devraient, remplir tout système spéculatif : être cohérent, logique, applicable, adéquat et nécessaire afin de pouvoir interpréter toute notre expérience 3'4. Le livre se veut comme une enquête afin de développer, élargir la métaphysique par une série de questions religieuses et philosophiques, démontrant que cela ne se peut sans un système élaboré pour la compréhension de chaque science, et d'en extraire l'expérience5. Dans Procès et réalité, Whitehead expose sa philosophie de l'organisme, aussi appelée philosophie du processus. Cette philosophie y sert de toile de fond à un paradigme de la subjectivité6, que Whitehead appelle aussi « un langage métaphysique complété ».
http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Whitehead_Proces.htm (le procès)
https://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2012-1-page-81.htm (Alfred North Whitehead précurseur des théories de l’auto-création par Alain Beaulieu)
https://noesis.revues.org/1628  (Whitehead et les pères fondateurs de la mécanique quantique
Sébastien Poinat)
https://www.academia.edu/10340393/Espace_et_relativit%C3%A9_restreinte_selon_A._N._Whitehead (Jean-Pascal Alcantara ESPACE ET RELATIVITÉ RESTREINTE DANS LA PHILOSOPHIENATURELLE  D'AN WHITEHEAD)

https://www.academia.edu/7514278/G%C3%B6del_et_Whitehead_monadologie_et_th%C3%A9orie_de_la_relativit%C3%A9 (Gödel et Whitehead: monadologie et théorie de la relativité)
http://www.eoht.info/page/Christian+de+Quincey (En philosophie , Christian de Quincey (1955-) est un philosophe américain connu son livre de 2002, Radical Nature, dans lequel il affirme que la conscience , l' esprit et l' âme descendent tout le long de l' échelle  évolutive jusqu'aux atomes et molécules et au-delà. et ce faisant, il tente de dissiper le point de vue matérialiste du «désintérêt de la matière», cette matière inerte et « morte », ce qui entraîne un dialogue entre les écoles de pensée matérialiste et dualiste. 
https://trans4mind.com/counterpoint/index-new-age/quincey.shtml (Conscience: Vérité ou Sagesse
Par Christian de Quincey)
https://www.facebook.com/ChristiandeQuincey.ConsciousnessforLife/
https://lesbrindherbes.org/2015/03/07/voir-le-monde-autrement-les-champs-morphogenetiques-de-r-sheldrake/ (Voir le monde autrement : Les« champs morphogénétiques »  de R. Sheldrake)
https://noesis.revues.org/1637 (Devenirs et individuations. L’hommage de Whitehead à Bergson
Didier Debaise)
https://www.cairn.info/revue-philosophique-2006-1-page-7.htm (La vie perceptive selon Whitehead parMaurice Élie. Le procès étant celui des « sentirs », et les sentirs étant des préhensions « positives » [5][5] « Les “préhensions négatives” [...] “excluent du sentir”...., une forme de perception est déjà présente dans ce jeu de saisiesmutuelles des entités atomiques les unes par les autres ; la perception est une espèce dont la préhension est le genre [6][6] Dans un passage de Procès et réalité, Whitehead finit.... Percevoir, c’est prendre et recevoir avant de comprendre)
https://www.memoireonline.com/09/11/4817/m_Lheritage-leibnizien-dans-la-cosmologie-dAN-Whitehead11.html (Leibniz considère que le monde est composé de monades et Whitehead d'entités actuelles auxquelles s'ajoutent les objets éternels. Les relations événements à événements se font par ce que Whitehead nomme «les préhensions ». Les entités actuelles sont douées de « préhensions » c'est-à-dire de saisies, de captures, de sentirs, de feelings.
« J'emploierai donc le mot « préhension » dans le sens d'appréhension non cognitive)
http://www.inif.ucr.ac.cr/recursos/docs/Revista%20de%20Filosof%C3%ADa%20UCR/ACTAS%20CONGRESO%20DE%20FILOSOFIA/(5)%20whitehead/I.%20whiteheads%20theory%20of%20prehension.pdf (WHITEHEAD'S THEORY OF PREHENSION CHARLES HARTSHORNE)
http://ppquimby.com/alan/prehen.htm (La Préhension de Whitehead par Alan Anderson)
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01273419/document (Deleuze et Whitehead : une étude comparative de leur métaphysique, empirisme transcendantal et empirisme spéculatif Moon Kyo Lee)
http://nicolasbaier.com/pages/Prehension_2.html («La vraie question philosophique est : comment un fait concret peut-il manifester des entités abstraites de lui-même, auxquelles cependant il participe par sa propre nature ?» Alfred North Whitehead, Procès et réalité)
http://www.philopsis.fr/IMG/pdf/whitehead_proces_et_realite_fait_et_forme.pdf (Le monde Whitehead, Procès et réalité, « Fait et forme » Bertrand Saint-Sernin)
https://methodos.revues.org/527 (Isabelle Stengers, Penser avec Whitehead)
https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2002-4-page-511.htm (Whitehead et la subjectivité parXavier Verley)
http://www.christiandequincey.com/ (the wisdom academy)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Interpr%C3%A9tation_transactionnelle_de_la_m%C3%A9canique_quantique (L'interprétation transactionnelle de la mécanique quantique TIQM) est une interprétation qui décrit les interactions quantiques sous la forme d'une onde stationnaire formée par la combinaison d'une onde précédant la particule (en avance dans le temps) et d'une onde suivant la particule (en retard dans le temps), elle décrit tout évènement quantique comme étant une « poignée de main » entre l’onde avancée et l’onde retardée. proposée pour la première fois par John G. Cramer en 1986. Il indique que cette façon de voir les choses est plus intuitive, évite le problème philosophique du rôle de l'observateur dans l'interprétation de Copenhague, et résout divers paradoxes quantiques1 L'existence d'ondes avancées et retardées en tant que solutions admissibles aux équations de Maxwell fut déjà proposée par Richard Feynman et John Archibald Wheeler en 1945 voire la théorie de l'absorbeur de Wheeler et Feynman)

Liens sur le temps:
http://ciret-transdisciplinarity.org/bulletin/b12c5.php (ETIENNE KLEIN  Le temps de la physique [1])
https://www.drgoulu.com/2008/12/24/la-nature-du-temps-2/#.Wb5t08irSCg (Dr goulu: la nature du temps)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dilatation_du_temps
http://fondationdenisguichard.com/spip.php?article98 (Anoine Suarez : libre arbitre, conscience intermittente et physique quantique "Dans le monde quantique, le concept de temps n’a pas de sens. Les lois de conservation qui règlent le monde matériel (conservation de l’énergie) exigent qu’il y ait une coordination non locale qui vienne de l’extérieur de l’espace temps" : à partir de ce constat issu de résultats expérimentaux, Antoine Suarez développe des hypothèses sur l’interaction de la conscience avec ces phénomènes).

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00004283/document (Galilée et la mathématisation du mouvement Michel Paty
https://sciencetonnante.wordpress.com/2011/10/10/la-theorie-de-la-relativite-de-galilee/ (théorie de la relativité de galilée)
http://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/physique-relativite-restreinte-naissance-espace-temps-509/page/3// (galilée et la relativité galiléenne)
http://www.aim.ufr-physique.univ-paris7.fr/CHARNOZ/homepage/GRAVITATION/grav4.html  (Galilée (1564-1642)
https://sciencetonnante.wordpress.com/2011/10/10/la-theorie-de-la-relativite-de-galilee/ (la théorie de la relativité de... galilée)
http://www.philocours.com/cours/cours-galilee-experimentation.htm (galilée et l'expérimentation scientifique. Héritier de platon?)
http://www.astrosurf.com/quasar95/exposes/huygens.pdf (CHRISTIAAN HUYGENS (1629-1695) Mathématicien, physicien et astronome)
http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=289&file=1&pid=287 (le temps selon newton et einstein)

https://philosophiascientiae.revues.org/692 (La disparition du temps en gravitation quantique
Alexis de Saint-Ours)
http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm (et si le temps n'existait pas?)
https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/la-relativite-d-einstein-n-est-pas-162829 (la relativité d’Einstein n’est pas la bonne théorie pour décrire le cosmos et la gravité
par Bernard Dugué (son site))
http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/2016/03/le-temps-n-existe-pas.html (Le temps continue à s’écouler dans l’avenir, mais s’il n’existait pas réellement? Tout dans l’univers à ce moment précis et le temps n’existe pas, du moins selon la théorie quantique. L’idée que le temps s’écoule est en fait assez absurde)« On constate que le temps disparaît de l’équation Wheeler-DeWitt »
http://www.elishean.fr/le-temps-nexiste-pas/ (le temps n'existe pas au niveau macroscopique)
http://popups.ulg.ac.be/0037-9565/index.php?id=289&file=1&pid=287  (le temps selon newton et einstein)

Galillée, newton, kant et la reconnaissance du temps par http://lesmaterialistes.com/ (il y a 21 parties)
http://lesmaterialistes.com/galilee-newton-kant-reconnaissance-espace-temps-1e-affirmation-laique-science  (Galilée, Newton, Kant et la reconnaissance de l'espace et du temps – 1e partie : l'affirmation laïque de la science)
http://lesmaterialistes.com/galilee-newton-kant-reconnaissance-espace-temps-galilee  (Galilée, Newton, Kant et la reconnaissance de l'espace et du temps – 2de partie : Galilée)

 Liens: Télécharger l'entretien de Simone Speziale sur la gravité quantique à boucles: http://podcast.quadriviumradio.com/physique/simone-speziale/

C. Rovelli, S'affranchir du temps, Pour la Science - N°397 - novembre 2010.

L. Smolin, Des atomes d'espace et de temps, Pour la Science N°316 - février 2004.