8 déc. 2012

Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1


Notre existence a t-elle un sens? 9-1) Dieu revient très fort partie 1

Cette série d'articles dans la catégorie "notre existence a t-elle un sens"? est  l'expression de  ce que j'ai écrit dans la présentation de mon blog: "Les merveilles de la nature me fascinent. Mes réflexions: le sens de l'Univers et de l'existence. En moi, il y a deux mondes: le monde extérieur du "faire"et le monde de l'intérieur, non conscient, mais tout autant réel. Ma devise: l'essentiel, c'est l'amour, amour du sacré. Mes modèles: Jésus (l'amour),Pythagore (la mathématique), Einstein (la physique)".
Je voudrais faire partager la lecture du livre de Jean Staune, notre existence a-t-elle en sens,  avec mes réflexions et les liens qu'elle m'a permis découvrir à travers internet. Ma quête est de retrouver (avec Jean Staune), le réenchantement du monde au cours des articles.

Mes articles déjà parus dans cette rubrique:
Notre existence a-telle un sens? 1) à propos de la préface du livre par Trinh Xuan Thuan
Notre existence a-t-elle un sens? 2) Le désenchantement du monde (et de l'homme!)
Notre existence a-t-elle un sens? 3) Comment ébaucher un "traité de la condition humaine"?
Notre existence a-t-elle un sens? 4) vers de nouvelles lumières.
Notre existence a-t-elle un sens? 5) première partie: Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (naissance de la mécanique quantique).
Notre existence a-t-elle un sens? 5) deuxième partie : Au-delà de cette limite, notre vision du monde n'est plus valable (la non-localité).
Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...première partie
Notre existence a t-elle un sens? 6-1) Vers un réalisme non physique...deuxième partie
Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 1) vous qui entrez ici perdez toute espérance ...
Notre existence a t-elle un sens? 7 partie 2) vous qui entrez ici perdez toute espérance...
Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 1) le murmure du big bang...La deuxième fissure dans les théories classiques
Notre existence a t-elle un sens? 8 partie 2) Le murmure du big bang... la genèse du big bang

Je consulte souvent aussi: astrosurf.com -UNE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

Exergue: "Dieu a fait deux choses folles.                                                        Premièrement il a créé l'Univers dans un big bang. Deuxièmement, il a été assez négligent pour laisser derrière lui des traces de son action". Paul Erdos.
"Si nous acceptons l'idée qu'il n'existe qu'un seul univers, le nôtre, nous devons postuler l'existence d'une cause première qui a réglé d'emblée les lois de la physique et les conditions initiales". Trinh Xuan Thuan


1) Pourquoi l'Univers est-il si grand?







Rappel de l'article précédent: notre existence a-t-elle un sens 8) partie 2. Pour avancer dans la connaissance du sens de l'Univers et de l'existence, nous avions, avant cet article, voyagé dans l'infiniment petit et ses mystères. Nous allons maintenant nous envoler à partir de... l'origine vers l'infiniment grand. Nous avons commencé nos réflexions à propos de la cosmologie dans les chapitre de cet article: 2) La genèse du big bang (à voir canal-u.tv/video -l'université de tous les savoirs: le big bang) 3) Les autres preuves du big bang... un changement de paradigme de la cosmologie. 4) Pourquoi l'Univers est-il si homogène? 5) Pourquoi l'Univers n'est-il pas totalement homogène? 6) D'où venons-nous? L'article a été conclu par cette réflexion: Lemaître avait écrit un paragraphe dans la lettre de 1931 publiée dans la revue Nature, paragraphe qu'il raya et ne publia jamais. Mais il fut retrouvé dans ses papiers: "Je pense que quiconque croyant en un être suprême soutenant chaque être et chaque acte, croit aussi que Dieu est essentiellement caché et peut se réjouir de voir comment la physique actuelle fournit un voile cachant sa création". 
Dans cet article 9 partie 1, nous allons voir que Dieu a laissé plus d'indice et qu'en fait, "Dieu revient très fort". 
linternaute.com -L'immensité de l'espace
Aujourd'hui, commençons par un autre questionnement. Pourquoi l'Univers est-il si grand? Devant son immensité, il semble absurde d'imaginer que l'homme et la vie sur Terre   puissent avoir une signification quelconque et encore moins représenter une raison d'être de cet Univers. Cette conception est en accord avec les connaissances scientifiques du début du 20è siècle (les croyances personnelles pouvaient certes aller à l'encontre de cette conception). Mais elle ne l'est plus avec celle d'aujourd'hui...  
Seuls les éléments légers (hydrogène, hélium...) se sont formés avec le big bang.  Beaucoup plus tard, les éléments tels que le carbone ou le fer ont été produits dans le coeur des étoiles alors que les éléments plus lourds sont apparus lors d'explosions d'étoiles, les supernovas, au cours desquelles sont atteintes des températures gigantesques. Ces étapes ont demandé des milliards d'années. Ceci a fait dire à Hubert Reeves que nous sommes des "poussières d'étoiles". A part les atomes d'hydrogène existant dans l'eau que contient notre corps, les atomes qui nous constituent ont élaborés il y a plus de 5 milliards d'années dans une région de la Voie lactée qui deviendra notre système solaire. Et finalement, la condensation des nuages contenant du matériel provenant de l'explosion de cette génération d'étoiles (sans doute une troisième génération?) crée le système solaire. Il semble probable que les étoiles de première génération ne pouvaient être entourées d'un cortège de planètes telluriques, solides, comme la Terre, Mars ou Vénus. Etant donné le temps qui est nécessaire à l'évolution pour aboutir à des êtres d'une complexité suffisante pour être conscients, il est théoriquement impossible que des être conscients puissent observer un Univers d'un diamètre de quelques milliards d'années-lumière "seulement". Le temps et l'espace étant liés, à chaque milliard d'années qui passent, le rayon de l'Univers observable grandit de 1 milliard d'années. Donc l'Univers dans lequel peuvent apparaître des observateurs conscients, nous en l'occurrence, ne peut être que gigantesque. Cela répond à la question "pourquoi l'Univers est-il si grand en comparaison de nous?". 

liens: blog.oratoiredulouvre.fr -Pourquoi dieu a-t-il créé un univers aussi vaste si nous y sommes seuls?
futura-sciences.com -Quelle est la taille de l’univers ?

2) Pourquoi l'Univers est-il si bien réglé?



Avec les superordinateurs, la cosmologie moderne permet de simuler l'évolution de l' univers. On connait de mieux en mieux les principales lois de cette évolution et on peut ainsi "repasser le film à l'envers" jusqu'aux premières fractions de seconde. On peut alors modifier les constantes fondamentales (masse du proton, charge de l'électron, constante de gravitation...) ou les forces (nucléaire forte ou faible...) et voir à quels Univers elles conduisent. En faisant varier les combinaisons de forces ou de constantes, on peut obtenir un nombre quasi-infini d'Univers différents. La grande découverte, c'est que presque tous les Univers sont stériles. Une première coïncidence concerne l'évolution de l'Univers. Elle dépend de ce qu'on appelle "les conditions initiales" et en particulier de la densité initiale et de la vitesse d'expansion. Les scientifiques pensent que cette densité a dû être très proche de ce qu'ils nomment la "densité critique" pour laquelle l'expansion n'est ni trop rapide, ni trop lente. Dans un Univers moins dense, l'expansion l'aurait emporté sur le gravitation et aucune structure n'aurait pu se former, alors qu'un Univers plus dense se serait effondré sur lui-même trop rapidement pour permettre à la complexité de se développer et la vie n'aurait pas pu apparaître. Ce réglage de la densité par rapport à la vitesse d'expansion a dû être incroyablement précis à l'origine. On pense qu'il est de l'ordre de 1/1060. Cette probabilité incroyablement petite correspond,d'après Trinh Xuan Thuan, à la probabilité pour un archer de toucher une cible de 1 cm carré situé à l'autre bout de l'Univers en tirant une seule et unique flèche depuis la Terre, sans savoir dans quelle direction se trouve la cible.
Deuxième "coïncidence": La charge électrique de l'électron et du proton sont exactement les mêmes, mais de signe opposé. C'est d'autant plus étrange que le proton est 1836 fois plus massif que l'électron. Personne ne sait pourquoi il en est ainsi, mais c'est une chance, car si les deux charges étaient différentes, ne serait-ce que de 11 chiffres après la virgule, les être humains et tous les objets de taille comparable exploseraient à cause du déséquilibre existant entre les charges des particules les composant, car les atomes ne seraient plus électriquement neutres. Pour des objets de la taille d'une planète, il y a beaucoup plus d'atomes et pour éviter qu'apparaisse un déséquilibre, il faut ici que les charges soient égales et cela même 18 chiffres après la virgule. Une autre façon  de l'exprimer est précisée dans techno-science.net: la force électromagnétique étant de nombreux ordres de grandeur plus forte que la gravitation, la charge d'un proton doit être égale à la charge d'un électron, sinon la répulsion nette provenant de l'excès de charge électrique positive ou négative aurait un effet notable sur l'expansion de l'univers et ainsi sur la matière agrégée gravitationnellement (planètes, étoiles, etc.)
Troisième coïncidence, que nous avons déjà examinée dans l'article précédent: le rayonnement du rayonnement du fond cosmologique, "fossile" du big bang", est très homogène sans l'être totalement. Le réglage est très précis. Si les inhomogénéités étaient un peu plus grandes, les étoiles n'auraient pas pu se former, les galaxies s'effondrant directement pour se transformer en trous noirs, et si elles étaient un peu plus petites, les étoiles, les galaxies et les grandes structure n'auraient pas pu se former car cette fouis, l'Univers aurait été trop homogène. 
Quatrième coïncidence. Elle concerne la force nucléaire forte. C'est la fusion nucléaire, dite parfois fusion thermonucléaire, processus où deux noyaux atomiques légers s’assemblent pour former un noyau plus lourd, qui est à l’œuvre de manière naturelle dans le Soleil et la plupart des étoiles de l'univers. Si elle était un peu plus faible, les étoiles se formeraient bien, mais le feu thermonucléaire ne pourrait pas s'allumer. Un tel Univers serait mort, car il ne disposerait pas de source d'énergie. Mais si on augmente un peu cette force, alors les réactions de fusion au coeur des étoiles s'emballeront et elles exploseront comme des bombes H. Mais cette stabilité des étoiles, une fois "allumées", dépend aussi d'une autre coïncidence: le fait que la masse du neutron est un peu plus grande que celle du proton. Cela entraîne la désintégration rapide du neutron  (durée de vie hors du noyau de 14,8 minutes) en proton alors que ce dernier est d'une grande stabilité (le proton semble être stable. Sa demi-vie est expérimentalement mesurée comme supérieure à 6,6×1033 ans3. Sa durée de vie moyenne est au minimum de l'ordre de 2,1×1029 ans). Si c'était l'inverse, ce serait le proton qui se désintégrerait en neutron et les réactions de fusion seraient fondées sur les neutrons. Comme les électrons à l'état libre ne vivent que 15 mn environ, les étoiles ne vivraient guère plus d'un siècle et là aussi, la vie ne pourrait se développer. 
On peut multiplier les exemples de cette sorte comme le montre l'ouvrage de Jonh Barrow et Frank Tipler, "The anthropic cosmological principle". L'existence d'un réglage précis pourrait être un heureux hasard, mais on se trouve devant toute une série de réglages précis, a priori indépendants les uns des autres, qui reposent sur une quinzaine de constantes fondamentales et de conditions initiales. Cela pose des formidables questions qu'on ne peut ignorer et cela constitue certainement la base d'une nouvelle approche de l'Univers..  

liens: lacosmo.com -Notre Univers a-t-il été réglé de façon incroyablement précise ?
futura-sciences.com -DEUS, la première simulation complète de l'univers observable
www2.cnrs.fr -Première modélisation structuration 'Univers observable du Big-Bang jusqu'à aujourd'hui
irfu.cea.fr -L'UNIVERS DANS UN SUPER-CALCULATEUR
astronomes.com -Le réglage des constantes fondamentales
podcastscience.fm -les constantes fondamentales de l'univers   groupebena.org -Les Constantes Universelles
atoi2voir.com -Je ne crois pas au hasard dans l'univers
wikipedia.org -Densité critique     astrosurf.com -L'avenir de l'Univers La densité de l'Univers
cnrs.fr -La saga du Big Bang L'origine de l'Univers
reflexiences.com -Les forces nucléaires forte et faible
home.planet.nl -The Anthropic Cosmological Principle

3) Le principe anthropique: lorsque la science pose ouvertement la question du sens.





C'est l'astrophysicien Brandon Carter, qui le premier en prenant conscience de cette situation l'a érigée en principe: le "principe anthropique" (de anthropos, l'homme en grec). C'est un ensemble de considérations relatives au fait que l'Univers tel que nous l'observons possède certaines propriétés inéluctables liées au fait que nous y vivons, la présence de structures biologiques évoluées n'étant pas a priori une caractéristique présente dans tous les univers possibles. Il existe plusieurs versions du principe anthropique (versions dites « faible » et « forte », se distinguant par le fait que le principe anthropique est vu selon le cas comme une simple nécessité factuelle au fait que des individus intelligents y apparaissent, ou comme une sorte de finalité à son existence. Brandon Carter est promoteur de la version faible du principe anthropique et est relativement critique de ceux qui défendent la version forte. Puis Frank Tipler, professeur de mathématique à l'Université Tulane de la Nouvelle Orléans, s'est rendu célèbre pour ses travaux sur le "Principe Anthropique" avec John Barrow, ainsi qu'avec ses théories spéculatives sur le destin final de l'Univers.
cvablog.com -création et évolution
Le principe anthropique faible ressemble à une tautologie: "ce que nous pouvons nous attendre à observer doit être compatible avec les conditions nécessaires à notre présence en tant qu'observateurs." Puisque nous somme là, il faut bien que l'Univers ait les conditions requises pour pour permettre notre apparition. Cette affirmation n'est pas vraiment une tautologie, car elle exerce des contraintes sur les paramètres des modèles bâtis pour expliquer l'Univers. 
Le principe anthropique fort a une connotation finaliste: "l'Univers, et donc les paramètres dont il dépend, doit être tel qu'il permette la naissance d'observateurs en son sein, à un certain stade de son développement." Les débats autour de ce principe ont été et sont toujours très chauds, voire passionnés avec des citations contradictoires comme en témoignent certains liens cités en fin de ce paragraphe. Citons quelques exemples. "Le principe anthropique représente le principe le plus fondamental dont nous disposions, vu que les explications physiques qu'il fournit sont basées sur le phénomène physique le plus solide que nous connaissions, à savoir notre propre existence... Il est, je crois ce que nous aurons de plus proche d'une explication ultime": (Joe Rosen). "La principe anthropique ne peut manifestement pas fournir d'explication scientifique au sens propre. Au mieux, il peut offrir une satisfaction de type "bouche-trou" à notre curiosité relative aux phénomènes pour lesquels nous n'avons pas encore obtenu d'explications scientifiques authentiques.": Martin Rees. "La reconnaissance du principe anthropique devrait être considérée comme un moment décisif dans le développement de la science, ouvrant de nouvelles voies vers des aspects inconnus de l'Univers": Nicola Dallaporta. "Contrairement aux principes de la physique conventionnelle, le principe anthropique n'est sujet à aucune vérification expérimentale - le signe sûr qu'il ne s'agit pas d'un principe scientifique. L'influence du principe anthropique sur le développement des modèles cosmologiques contemporains a été stérile...": Heinz Pagels. "Je crois que le principe anthropique a non seulement constitué un stimulant à la recherche en cosmologie, mais qu'il fournit aussi un point de rencontre passionnant entre la théologie et les sciences et qu'il a certainement servi à réintégrer le facteur "être humain" qui, pendant des siècles, a été exclu des sciences physiques": George Coyne.
 "Je déteste profondément la théorie du principe anthropique et la considère comme un dernier recours absolu au cas où tous les  arguments physiques échoueraient..." Maccolm Sim Longair.
On est un peu perplexe devant des avis aussi contradictoires. Il est vrai que ce principe n'a pas conduit à de nombreuses découvertes, mais une découverte importante est issue d'un raisonnement anthropique. La formation de l'atome de carbone 12 nécessite une étape intermédiaire (voir nucléosynthèse). En effet, 2 atomes de hélium forment un atome de béryllium 8 qui, avec un troisième atome d'hélium va donner du carbone. Mais le problème c'est que le noyau de béryllium est très instable. Pour que le carbone apparaisse, il faut que cette réaction soit la plus efficace possible. Cela nécessite qu'elle soit "résonnante", c'est à dire que le carbone ait un niveau d'énergie (un état excité) juste supérieur à la somme de ceux de l'hélium et du béryllium. Cette somme est de 7,36 Mev (millions d'électrons-volts). C'est pour cela que l'astrophysicien Fred Hoyle pour le carbone un niveau d'énergie autour de 7,7 Mev , considérant que le carbone est essentiel pour le développement de la complexité. Le mesure qui a été faite ensuite donne un un niveau d'énergie de 7,65 Mev. Puis, l'histoire continue: le carbone se combine avec un autre atome d'hélium pour donner l'oxygène, un des composants de l'eau, le liquide le mieux adapté au développement de la vie. Il faut donc que l'oxygène puisse se former, sans que tout le carbone disparaisse. Et pour cela, il faut que la réaction carbone + hélium ne soit pas résonnante, (que le niveau d'énergie de l'oxygène soit légèrement inférieur à celui de la somme "carbone + hélium", c'est l'inverse du cas précédent). Or, le niveau d'énergie du carbone et de l'Hélium est de 7,16 méga électrons-volts et celui de l'oxygène est de 7,11 méga électrons-volts. C'est ce qui fait qu'il y a à la fois du carbone et de l'oxygène disponibles en bonnes quantités dans l'univers.
Des critiques du principe anthropique dont Christian Magnan ("les matérialismes et leurs détracteurs), pensent qu'il est abusif d'évoquer d'invoquer un raisonnement de type anthropique à propos de ce succès prédictif puisqu'il y a du carbone dans bien d'autres choses que des hommes". Mais les défenseurs du principe anthropique savent bien que s'applique à nous s'applique à toutes les formes complexes d l'Univers. C'est pourquoi Hubert Reeves préfère parler de "principe de complexité: "L'Univers possède depuis les temps les plus reculés accessibles à notre exploration, les propriétés requises pour pour amener la matière à gravir les échelons de la complexité." Pour certains scientifiques, le stade ultime de la complexité semble être le développement de la conscience, une "poussée vers la conscience" dans la nature (?), et pas uniquement chez l'homme (voir les thèses de Rémy Chauvin). On pourrait parler d'un principe de conscience avec Trinh Xuan Thuan: "l'existence de l'Univers n'a de sens que s'il contient une conscience capable de d'apprécier son organisation, sa beauté, et son harmonie. Il est inévitable que la conscience qui a émergé de l'ordre cosmique exalte cet ordre en le comprenant. La capacité de notre cerveau à comprendre les lois naturelles n'est pas un accident de parcours, mais un reflet de l'intime connexion cosmique entre l'homme et le monde."  
wikipedia.org -le point oméga
Certain défenseurs d'un "principe vraiment anthropique" pensent que la Terre est le meilleur endroit pour qu'une vie intelligente puisse se développer et appréhender l'univers. Le paléontologue Simon Conway-Morris ou l'astrophysicien Guillermo Gonzalez se basent sur la nécessité de l'existence de Jupiter pour "protéger" la Terre des astéroïdes et d'un satellite de grande taille comme la Lune pour stabiliser la rotation de la Terre pour affirmer qu'il s'agit d'un lieu absolument spécial. Frank Tipler, coauteur du livre de référence sur le principe anthropique va encore plus loin en se basant sur un modèle d'évolution de l'Univers de type big crunch pour assimiler le point final de l'Univers au "point oméga" de Teilhard de Chardin, aboutissement de la noosphère . Le "principe anthropique final, ou ultime" de Tipler prévoit une fin de l'Univers, mais toute l'information ayant existé au cours de l'histoire se retrouvera regroupée en ce point ultime, ce qui permet de développer un modèle pour la résurrection des morts! Est-ce la forme ultime du concordisme entre science et foi ou une dérive ultrascienciste? J'avoue que la vision de Teilhard de Chardin m'attirerait plus.
Devant tous ces principes ces contradictions, ne serait-il pas souhaitable de rester au principe anthropique faible?  Les opposants au principe anthropique ont pu écrire: "Un poisson qui naîtrait dans une mare au milieu du désert ne manquerait pas de penser que cette mare a été crée pour lui tant il est miraculeux qu'une telle chose existe au milieu d'une aridité totale." Une histoire racontée par Hubert Reeves peut permettre de voir que ce n'est pas si simple. Pour résumer l'histoire, un condamné à mort est attaché à un poteau... Les 15 soldats tirent, le condamné ferme les yeux, et... l'instant d'après, il est toujours vivant. Dans son cerveau, les idées se bousculent. La première et la plus simple, c'est que tous les soldats, pour des raisons différentes et indépendantes on dû rater leur cible (le premier avait trop bu, le second avait oublié ses lunettes, le troisième, trop sensible, avisé à côté...). Mais pense le condamné, "ce n'est pas très crédible, c'est en fait le résultat d'un complot visant à me faire échapper à la mort. Il faut donc que je fasse le mort et me faire échapper." Puis, après réflexion, vient peut-être une autre solution: il n'a pas été possible de soudoyer tous les soldats, mais les balles ont été remplacées par des balles à blanc. Mais la conclusion reste la même, faire le mort, car un complot existe pour le maintenir en vie. Ces deux dernières solutions sont bien plus probables que la première qui pourtant apparaissait plus simple. Pour le principe anthropique, c'est la même chose. L'idée que nous soyons dans la même situation que le poisson dans la mare est encore infiniment probable que celle des 15 soldats qui avaient raté leur cible par hasard. Pour s'en convaincre, il suffit de lire le livre de Jonh Barrow et Frank Tipler. S'en tenir au principe anthropique faible, c'est se contenter de constater l'existence de d'extraordinaires coïncidences sans s'interroger sur leur raison d'être. Mais il y a peut-être une autre possibilité qui correspond au remplacement des munitions par des balles à blanc: toutes les coïncidences qui qui semblent indépendantes les unes des autres pourraient une cause commune. Les scientifiques recherchent une "théorie du tout", qui ne partirait pas du constat de la valeur des constantes universelles, mais expliquerait pourquoi il faut qu'elles aient telle ou telle valeur. Par exemple, si en partant de la densité critique et de la vitesse d'expansion, on pouvait démontrer qu'avec ces valeurs, les masses,  les charges des particules élémentaires et les forces fondamentales doivent être ce que nous en constatons, on aurait une explication unique à nombre de phénomènes. Mais cela ne suffirait pas pour redonner du crédit à l'idée que tout cela n'est pas fait par hasard. De même qu'il faudrait se demander qui a échangé les balles dans l'exemple du peloton, il faudrait se demander pourquoi le point de départ est ce qu'il est.
Les réglages fins de l'Univers nécessaires pour qu'il ne soit pas stérile sont tellement précis que si tout reposait sur eux, il serait irrationnel de se contenter de faire appel au hasard. Stephen Hawking, à l'époque où il cherchait une théorie du tout  écrivait: "même s'il n'y a qu'une théorie unifiée possible, ce ne sera qu'un ensemble de règles et d'équations. Qu'est-ce qui insuffle le feu dans ces équations et produit un Univers qu'elles pourraient décrire? [...] La théorie unifiée est-elle si contraignante qu'elle assure sa propre existence? Ou a-t-elle  besoin d'un créateur, et si oui, celui-ci a-t-il d'autres effets sur l'Univers? Hawking a changé d'avis depuis, il pense qu'une telle théorie unifiée n'est pas possible à cause des conséquences du théorème de Gödel, rejoignant ainsi l'opinion de Basarab Nicolescu ou Trinh Xuan Thuan : "l'Univers nous sera t-il un jour révélé dans la totalité de sa glorieuse réalité? [...] Il est utile de mentionner les travaux du mathématicien autrichien Kurt Gödel, qui démontra en 1931 qu'il existera toujours en mathématiques des propositions indémontrables. De même qu'il est impossible de tout démontrer en mathématiques,l'esprit humain ne pourra jamais appréhender la totalité de l'Univers. L'Univers nous sera à jamais inaccessible. La mélodie restera secrète." Si une théorie unifiée est impossible, nous nous retrouvons dans le cas où tous les soldats ont été soudoyés pour rater leur cible. Mais si elle est possible, nous sommes dans le cas où on a échangé les balles. Mais dans tous les cas, l'idée d'une "conspiration"  subsiste pour expliquer l'adaptation de l'Univers au développement de la complexité.
Peut-on dire alors qu'il est démontré que l'Univers correspondrait au déroulement d'un projet? Celui de Dieu? Nous allons faire une petite pause avant d'examiner ce point dans la partie 2 de l'article "Notre existence a t-elle un sens? 9) Dieu revient très fort".

liens: fr.wikipedia.org -Principe anthropique     astrosurf.com -principe anthropique
techno-science.net -Principe anthropique        home.planet.nl -The Anthropic Cosmological Principle 
futura-sciences.com -Principe anthropique et minitrous noirs selon Jean-Pierre Luminet
lacosmo.com -le principe anthropique par Christian Magnan (opposé à ce principe)
asmp.fr -Le principe anthropique - Débat ( Bernard d'Espagnat, Trinh Xuan Thuan, Jean Bricmont,...)
radio-canada.ca -Le principe anthropique       sceptiques.qc.ca -Principe anthropique
bahai-biblio.org -L'esprit antropique Le problème métaphysique de l'intelligibilité...
editions-bayol.com -le principe anthropique.Compléments du livre "Pour un principe matérialiste fort
castelvieil.org -LE PRINCIPE ANTHROPIQUE : UN DÉBAT PHYSICO-PHILOSOPHIQUE
st-edmunds.cam.ac.uk -Le principe anthropique et le débat entre science et foi
bladi.net/forum -La théorie scientifique du principe anthropique fort
lacosmo.com -QUESTIONS DE COSMOLOGIE Christian Magnan
cvablog.com -réation et évolution Au delà du débat création versus évolution
maykan.wordpress.com -Le Dieu de la science II : Les preuves

maykan.wordpress.com -Le Dieu de la science II : Les preuves




28 nov. 2012

Accidents, suicides et « maladits » sont ils des malédictions ?




Accidents, suicides et « maladits » sont ils des malédictions ? Cet article D'Elizabeth Berger. m'a beaucoup intéressé et j'ai voulu le partager avec mes lecteurs. 

Je pense que ce qui se passe dans le quatrième plan (plan du mental) est en relation avec tous les plans et agit sur le plan matériel en particulier. 

Accidents, suicides et « maladits » sont ils des malédictions ?


Certaines lignées sont visiblement marquées par le destin qui semble s’acharner sur elles. Certaines maladies, certaines morts brutales, certains suicides qui se répètent relèvent-ils du hasard ou d’une malédiction ? En vérité, il ne s’agit ni de hasard ni de malédiction au sens habituel du terme.
Il s’agit d’un conflit qui se transmet de génération en génération parce qu’il n’a pas été résolu, parce qu’il n’a pas été dit ou parce qu’il a été « mal dit ». C’est en ce sens qu’on peut parler de malédiction. Mais, ce qu’il faut savoir c’est qu’il suffit de prendre conscience du conflit et de le dépasser pour conjurer définitivement le mauvais sort.
« Roi Philippe et toi, Pape Clément, je vous convie avant un an devant le tribunal de Dieu. Quant à ta descendance, roi Philippe, qu’elle soit maudite jusqu’à la treizième génération ! »
Tout le monde connaît cette célèbre malédiction lancée en 1314, sur le bûcher, par Jacques de Molay, Grand maître de l’Ordre des Templiers. Et chacun sait qu’en effet le roi Philippe IV le Bel et le pape Clément V devaient mourir dans l’année qui suivit.
La suite de la malédiction s’est bien accomplie puisque les trois fils de Philippe moururent sans descendance mâle. Charles IV fut le dernier des Capétiens directs à régner. Quant aux Capétiens Valois, qui leur succédèrent, leur règne s’acheva avec Louis XII, mort sans descendance en 1515, c’est-à-dire très exactement la treizième génération après celle — comprise — de Philippe.
Bien entendu, tout le monde connaît aussi la malédiction des Kennedy qui s’est poursuivie de John à son fils, en passant par ses frères. Le père Joe, qui souffrait d’un grave conflit de dévalorisation, voulait à tout prix, pour le compenser mais non pour le résoudre, que son premier fils fût président des Etats-Unis. En 1941, sa femme fut internée, en 1944, son fils Joseph, pilote de chasse, fut abattu, à 29 ans, au-dessus de l’Allemagne.
En 1948, Kathleen est tuée dans un accident d’avion à 28 ans. En 1963, Patrick, le premier fils de John Kennedy, né prématuré, meurt trois jours après sa naissance. En novembre de la même année, John est assassiné à Dallas, à 46 ans. Son frère Edward est grièvement blessé dans un accident d’avion. En 1968, Robert Kennedy, qui tente de succéder à son frère John, est assassiné, à 42 ans.
En 1969, Edward, dit Ted, a un accident de voiture dans lequel sa compagne illégitime périt. En 1973, le fils de Robert, Joseph, a un accident de voiture : la femme qui l’accompagne restera paralysée. Le fils d’Edward doit être amputé d’une jambe après un accident. En 1984, David, le fils de Robert, meurt d’une overdose. En 1991, Willima, le neveu d’Edward, est accusé de viol. En 1997, Michael, le fils de Robert, se tue en faisant du ski. En 1999, John John, le fils de John, et son épouse se tuent dans un accident d’avion.
De nombreux auteurs ont souligné ces « malédictions » qui semblent poursuivre certaines familles et, parmi eux, la célèbre psychanalyste Françoise Dolto, qui fut l’une des premières à parler de secrets de famille et de transmission transgénérationnelle de conflits non résolus. Depuis, de nombreux auteurs ont repris et développé cette thèse. Notamment l’Allemand Bert Hellinger et les psychologues ou psychanalystes français Anne Ancelin Schützenberger, auteur deAïe mes aïeux !, Nina Canault, auteur de Comment paie-t-on les fautes de ses ancêtres et Didier Dumas, auteur de l’Ange et le fantôme.
Dans son assez stupéfiant ouvrage, Aïe mes aïeux !, la psychothérapeute Anne Ancelin Schützenberger démontre, au moyen de multiples exemples, que les « maladies », les accidents, l’orientation professionnelle et même le mariage sont programmés par l’invisible mémoire des ancêtres. Elle appelle cela la « loyauté familiale inconsciente et invisible ». La méthode d’investigation qui permet d’en faire la démonstration est très simple en dépit de son nom complexe : le génosociogramme qui consiste à rechercher chez les aïeux les mêmes événements.

Deux exemples

Voici le cas d’un jeune homme dynamique, souriant, séduisant et sportif, Marc, trente-deux ans, célibataire et sans enfant, qui, hélas, se déplace en fauteuil roulant, ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de conduire sa voiture et de faire, seul, des trajets de plusieurs centaines de kilomètres. Il est en fauteuil roulant à cause d’une paraplégie contractée à la suite d’une réception au sol en deltaplane. Il avait oublié de s’attacher et à l’atterrissage il s’est retrouvé sur le dos et gravement blessé.
Lorsque Anne Ancelin Schützenberger lui parle de génosociogramme et lui demande si quelqu’un, dans sa famille, s’est jamais trouvé en fauteuil roulant, Marc commence par dire non. Elle insiste. Il se rappelle alors que son père a été condamné, comme lui-même, au fauteuil roulant. Soulignons incidemment que la conscience commence par refuser le souvenir qui se trouve dans la mémoire de l’inconscient. Ce qui est tout à fait stupéfiant lorsqu’il s’agit d’un souvenir aussi remarquable et aussi récent concernant le père même de la personne interrogée.
Le père était en fauteuil roulant à la suite d’un accident. Emmené en Allemagne, durant la guerre, au titre du S.T.O. (Service du travail obligatoire), il était employé dans une fonderie. Un jour, son équipe n’ayant pu se rendre à la fonderie, il y travaillait seul en compagnie d’un autre ouvrier qui oublia d’attacher le creuset de fonte, comme c’était l’habitude. Le père reçut le liquide en fusion sur les pieds. Cela se passait en juillet et le père avait trente-deux ans. Le fils a eu son accident également au cours d’un mois de juillet, alors qu’il était également âgé de trente-deux ans.
Voici le cas de Jacqueline, contrainte de porter une minerve — qui lui soutient le cou — à la suite d’un accident de voiture qu’elle a eu peu de temps après la mort de sa petite fille âgée de dix ans. Curieusement sa petite fille était née avec le cordon ombilical enroulé autour du cou, ce qui avait entraîné une asphyxie et l’enfant est longtemps demeurée dans le coma. Elle a tout de même survécu mais, infirme moteur, elle a vécu ses dix années de vie dans une institution spécialisée, avant de mourir en avril 1986. Quelle est la profession de Jacqueline ? Coiffeuse.
Jacqueline n’a jamais eu d’autres enfants après avoir vu la fille de sa sœur qui était née avec une hernie cervicale : « la cervelle qui dégouline de la tête », dit-elle. Chacune des deux sœurs a assisté à l’accouchement de l’autre. Toutes deux ont eu un accouchement difficile et ont mis au monde « un enfant à problème grave autour de la tête », dès la naissance. Les deux sœurs se sont mariées le même jour.
Nantie de ces renseignements, Anne Ancelin Schützenberger bâtit le génosociogramme. Elle constate alors que les arrière-arrière grands-parents sont des Arméniens d’Arménie. L’arrière-grand-mère paternelle a été décapitée avec deux de ses filles, lors du génocide, le 24 avril 1915. La grand-mère paternelle, Galine, avait sept ans, lorsqu’elle a vu la tête de sa mère et de ses deux sœurs, âgées de 13 et 11 ans, tordues d’horreur et « la cervelle dégoulinante » portées sur des piques par des Turcs. Jacqueline et sa sœur Germaine, qui ont eu, chacune, un enfant né avec un problème à la tête, se sont mariées le même jour. Jacqueline est coiffeuse.
Elle voulait être professeur de gymnastique mais, comme par hasard, la veille de l’examen, elle s’est foulé une cheville et n’a pu se présenter. Elle a finalement choisi de devenir coiffeuse comme son père et sa mère. Eh oui, déjà sa mère et son père étaient coiffeurs ! Et même sa grand-mère paternelle, Galine, était coiffeuse ! Mieux encore, les deux frères de Jacqueline, Jean-Jacques et Christian, sont également coiffeurs !
Comment se fait-il qu’un fils de Galine, elle-même coiffeuse, l’épouse de son fils et trois de ses petits enfants soient coiffeurs et coiffeuses ? Pourquoi tant de coiffeurs, dont le métier est d’embellir les têtes, dans la descendance de Galine qui a vu la tête de sa mère et de ses deux jeunes sœurs, défigurées
et « la cervelle dégoulinante » portées au bout de piques par des Turcs, le 24 avril 1915 ?
Au fait, quand donc est morte la fille de Jacqueline ? Le… 24 avril 1983 ! Pour le soixante-huitième anniversaire du génocide ! La coïncidence frappe Jacqueline, qui ne s’en était jamais aperçu. Anne Ancelin Schützenberger en conclut — et moi avec elle — que tout se passe dans cette famille comme si une mystérieuse mémoire des ancêtres, une mémoire collective de famille — était à l’œuvre pour réparer symboliquement le massacre, à travers la coiffure, pour le rappeler et — ce que ne dit pas Anne Ancelin Schützenberger — pour le perpétuer et même le reproduire à travers les naissances des nouveaux enfants, à travers un étranglement provoqué par le cordon ombilical et une hernie cervicale !
Bien évidemment, on peut conclure de ces faits que le choix de la profession de coiffeur est une sorte de culture familiale. Certes ! Mais on en voit clairement la signification. Quant aux naissances dramatiques des enfants, si elles font partie d’une culture familiale, cette culture n’est pas consciente.
Elle relève à l’évidence d’une mémoire collective inconsciente, qui n’est pas dans le cerveau — puisqu’il a été jusqu’ici impossible d’y découvrir les fameux « engrammes » (les traces de la mémoire), en dépit d’un siècle de recherches — et qui n’est évidemment pas transmise pas les gènes !
Pas plus que l’accident du deltaplane, reproduisant à l’identique l’accident de la fonderie allemande, n’a été inscrit dans les gènes de Marc ou dans sa mémoire : non seulement il avait bien pris soin d’oublier le souvenir, de le refouler dans l’inconscient, mais encore ce n’est pas lui qui a empêché le camarade, qui n’oubliait jamais de lui demander s’il s’était bien attaché, de venir l’aider le jour de l’accident, où il n’était précisément pas attaché.
Tout se passe — ainsi que dans la pièce de Bob Wilson, Einstein on the beach — comme si un événement — qui, semblable à la femme de Verlaine, n’est jamais ni tout à fait le même ni tout à fait un autre — ne cessait pas d’inlassablement se reproduire, dans un milieu et parmi des personnages qui ne sont pas non plus les mêmes mais ne sont pas non plus tout à fait autres, selon la loi d’une pansémiotique — où tout devient signe chargé d’une signification inconsciente à destination de la conscience qui a pour objet de la décoder — jusqu’à ce que la conscience parvienne à le comprendre et, du même coup, à le dépasser et, par conséquent, à enrayer sa tragique répétition.
Tout se passe comme si le sens même des vies de la lignée était de parvenir à l’intelligence de la mémoire, à inverser la mémoire – c’est-à-dire le simple souvenir inlassablement reproduit et ressassé – en intelligence, par la simple prise de conscience, et, du même coup, à dépasser le passé maléfique pour aller vers le futur bénéfique.

Cela va encore beaucoup plus loin qu’on ne l’imagine

Dans son ouvrage, Comment paye-t-on les fautes de ses ancêtres ? (titre pas très heureux parce
qu’il introduit une notion de culpabilité), Nina Canault raconte qu’un jour, Luc, jeune frère d’un autiste, Jean-Michel, rêve de sorcières. Son rêve le conduit à s’intéresser à ses deux arrière-grand-mères maternelles, en qui il voit les sorcières de son rêve. Elles ont épousé deux hommes nommés
Leroux, quoique sans parenté, et qui se sont tous deux pendus au retour de la guerre 14-18.
Le suicide a été attribué par la mère de Jean-Michel l’autiste, Mme Lebois, à la « misère prolétarienne ». Sceptique, l’analyste de Jean-Michel découvre la vraie raison. Les deux arrière-grand-mères ont trouvé plus commode de vivre ensemble, pendant la guerre.
Privées chacune de son mari, elles se sont « remariées » ensemble, pendant quatre ans. Elles n’ont plus besoin d’époux, au retour des deux Leroux. Et tous deux, qui viennent de vivre et de supporter l’incroyable atrocité d’une guerre épouvantable, ne supportent pas de n’avoir plus de place chez eux. Ils se pendent, chacun de son côté.
Curieusement, dans la génération suivante, ce ne sont plus les hommes qui se suicident par l’ « ascension » qu’est la pendaison mais, au contraire, les filles, et par la chute dans des puits (détail significatif des deux inversions qui a échappé à l’auteur) ! Tandis que les Leroux se sont pendus parce qu’ils étaient de trop, les filles se jettent dans des puits -pour la raison exactement inverse – parce que l’homme leur manque (par abandon ou « faute impardonnable »). D’où l’inversion du mode de suicide.
L’une d’elles épouse son cousin germain, comme pour se protéger du fantôme des pendus et des « empuisées ». Elle met au monde Jean-Michel, autiste dès la naissance. Jean-Michel refuse de la regarder dans les yeux. « L’autisme dans ce cas, est le résultat d’un « inceste” généalogique », commente le chercheur, Didier Dumas, qui s’intéresse aux « fantômes » transgénérationnels. L’inceste laisse entendre à l’enfant qu’il vivra toujours avec ses parents.
Il implique que la mort n’existe pas et empêche l’enfant de se constituer les outils mentaux nécessaires pour vivre adulte, sans ses parents. Et, précisément, un autiste est un enfant dépossédé d’emblée des moyens d’accéder à l’âge adulte ! Il ne peut pas regarder sa mère dans les yeux, à cause de l’inceste. C’est ce qui arrive à Jean-Michel.
Didier Dumas ne s’en aperçoit que le jour où il apprend l’histoire des ancêtres, pendus à une poutre ou chues dans un puits. La mémoire d’une relation d’homosexualité incestueuse inconsciente, c’est précisément celle des deux arrière-grand-mères « mariées ensemble », considérées comme des « saintes », qui, en vérité, ont poussé leurs maris à se pendre, au retour de la guerre. Telle est la cause de l’autisme de Jean-Michel, dont on voit mal quelle médecine, conventionnelle ou non, pourrait le guérir sans l’incroyable analyse faite par Didier Dumas.
Dans son ouvrage, Aïe mes aïeux ! , Anne Ancelin Schützenberger rapporte que, dans une famille, les parents engendrent, toutes les deux générations, des enfants atteints de la maladie bleue (maladie cardiaque avec risque de transmission génétique héréditaire). Ainsi est-ce le cas de Jeanne et de sa grand-mère, qui ont toutes deux été opérées avec succès.
Bien entendu, les savants cardiologues en concluent que la « maladie » est génétique – ils disent très exactement que la « maladie » est inscrite dans les gènes, ce qui est inexact puisqu’il n’y a pas d’autre information dans les gènes que le plan des cellules qu’ils fabriquent – il ne s’agit donc que d’une altération – et que les gènes, comme les touches du piano ou, mieux, comme le sélecteur de la radio et de la télévision n’ont pas d’autre fonction que de relier la cellule à son champ de mémoire – et ils pensent que les futurs parents qui sont venus les consulter courent le risque de mettre au monde un enfant frappé de la même maladie.
Les parents décident alors de ne pas faire d’enfant et d’adopter un petit Indien. Sitôt dit, sitôt fait. Mais, peu de temps après l’adoption, l’enfant fait la maladie bleue. La mémoire des aïeux s’est transmise du champ idéomorphogénétique et comportemental de la lignée des parents au champ de l’enfant !
L’anecdote suivante vient de Claude Sabbah. Un petit garçon de huit ans fait un cancer des os du bras et il faut l’amputer, à hauteur de l’épaule. Pour consoler l’enfant, les parents lui demandent ce qui lui ferait plaisir. « Je veux un serpent ! » dit-il. Un serpent ! Pourquoi
un serpent ?
Mais, bien sûr, parce qu’un serpent n’a pas de membres ! Hélas il faut une autorisation spéciale qui est refusée.
On représente à l’enfant qu’on ne peut pas lui offrir un serpent. Qu’il choisisse un autre animal ! L’enfant porte son choix sur un lézard ! En l’occurrence un limbert brun et vert (dont la taille peut aller jusqu’à 80 cm).
Pourquoi un lézard ? Mais parce que les lézards ont la faculté de faire repousser leur queue lorsqu’elle est coupée. L’enfant se prend d’affection pour son lézard, et le lézard se prend d’une affection réciproque pour son petit maître manchot. D’une affection si forte que, peu de temps après, le lézard fait une nécrose du même membre que son jeune maître et que le vétérinaire déclare qu’il faut l’amputer.
A la même hauteur que le bras de son petit maître ! L’identification entre l’animal et le maître, c’est-à-dire la puissance de la pensée, donc de l’imaginaire, a été telle qu’elle n’a pas permis à l’enfant de faire repousser son bras, comme les lézards ont la possibilité de faire repousser leur queue, mais qu’elle a permis au lézard de perdre le sien, comme son maître. Le lézard amputé par le vétérinaire demeurera manchot, comme son jeune maître.
Il est alors clair que ces séries d’accidents, de suicides, ces « malédictions », ces maladits ont tous pour origine un conflit. Ce ne sont pas seulement des accidents, des suicides, des « malédictions » et des maladits : ce sont encore des signes chargés d’une signification à destination de la conscience qui a pour objet de les décoder. Ces signes sont très exactement l’objet d’étude de la pansémiotique et de la psychosomatique. Ils signifient que le corps devient le lieu de la réalisation d’idées conflictuelles et négatives.
Mais, si l’on voit bien comment le conflit se matérialise de manière tragique, dans l’existence, le fait d’accumuler les exemples ne nous explique en rien comment tout cela fonctionne.
Richard Sünder