9 févr. 2011

LA GRANDE HYPOTHESE 2-1): Le destin s'écrit-t-il aussi? - Avec le Général von Stülpnagel




omnia-veritas.com: albert slosman:

Tous les grands mythes de l'humanité et la bible font référence au mythe du déluge. J
e le rapproche du mythe de l'Atlantide qui représente beaucoup pour moi. Je l'ai redécouvert en lisant des livres d'Albert Slosman dans la collection "Les Portes de l'étrange" chez Robert Lafont


Tous les livres d'Albert Slosman:
1995 "Moise l'égyptien"
1990 "Le zodiaque de Dendérah"

1983 "L'astronomie selon les égyptiens"
1982 "La Grande Hypothèse
1980 "Le biblion de Pythagore"
1980 "Et Dieu ressuscita Dendérah"
1979 "Le Livre de l'au-delà de la vie"

1979 "La vie extraordinaire de Pythagore"
1978 "Les survivants de l'Atlantide"
1976 "Le Grand cataclysme

Dix livres étaient prévus après Moîse l'Egyptien, mais cette série a été interrompue par la mort de Slosman en 1981. Le dernier livre qu'il avait prévu devait s'intituler l'Eternité n'appartient qu'à Dieu.

Ma lecture de "La grande hypothèse" va porter sur le grand cataclysme (article 3) qui est sans doute une autre façon de voir le Déluge de la Bible, puis sur ce qu'il advint par la suite jusqu'à nos jours (pour notre temps,article 11) selon Albert Slosman, qui est persuadé que l'âme Atlante n'est pas perdue (voir mon article 4). Je crois que tous les grands mythes de l'humanité parlent de ce qui a dû être une catastrophe naturelle que la terre aurait subi il y a plus de 12 000 ans selon Slosman. Les 3 grandes pyramides d'Egypte et le Sphinx seraient selon lui un témoignage des survivants de ce événement à l'adresse des générations futures et un avertissement qui a un écho particulier aujourd'hui où on parle de plus en plus de fin du monde . L'émission de la chaîne 4 (2012 conspiration de l'apocalypse) est significative à cet égard.

De "la grande hypothèse", le Figaro écrivait alors: la "construction qui s'acomplit devant nous est peut être un des événements de notre temps". Et Slosman le définissait ainsi: "c'était en définitive une histoire du monothéisme des origines à la fin du monde que j'étais en train d'écrire, en voulant démontrer que le Dieu des chrétiens était le même que le Créateur originel. L'éternel était Yahvé, mais aussi Ptah. Dieu était celui de Jésus, de Moîse, d'Abraham mais aussi d'Osiris. Et ce Dieu Un avait déjà été l'unique créateur de la Création, celui qui inspira la Loi à ses créatures! A chaque ère céleste correspondait un Fils de Dieu, un Messie".


Cette oeuvre d’Albert Slosman aurait dû être, sous la dénomination générique « L’éternité n’appartient qu’à Dieu ».
A) LA TRILOGIE DES ORIGINES.
1) Le Grand Cataclysme (paru en 1976).
2) Les survivants de l’Atlantide (paru en 1978).
3) Et Dieu ressuscita à Dendérah (paru en 1980).

B) LA TRILOGIE DU PASSE.
1) Moîse l’Egyptien (paru en 1981).
2) Akhenaton, le Divin mortel (non paru).
3) Et Dieu oublia l’Egypte (non paru).

C) LA TRILOGIE DU FUTUR.
1) Jésus le Christ (non paru).
2) L’Apocalypse de la 8ème vision (non paru).
3) L’éternité n’appartient qu’à Dieu (non paru).

D) LA TETRALOGIE DU SAVOIR.
1) l’Astronomie selon les Egyptiens en PDF:
2) Les Mathématiques selon les Egyptiens (non paru).
3) La Médecine selon les Egyptiens (non paru).
4) L’Evangile selon les Egyptiens (non paru).
"C'est une Histoire du monothéisme des origines à la fin du monde que j'étais en train d'écrire, en voulant démontrer que le Dieu des chrétiens était le même que le Créateur originel. L'Eternel était Yahvé mais aussi Ptah. Dieu était celui de Jésus, de Moise, d'Abraham, mais aussi d'Osiris. Et ce Dieu Un avait déjà été l'unique Créateur de la Création, celui qui inspira la Loi à ses créatures. A chaque être céleste correspondait un Fils de Dieu, un Messie".    Albert Slosman (vu par Eden-saga)

Sommaire de mes messages:
          1)   Le hasard existe t-il?
          3)   Le grand cataclysme.
          4)   L'âme Atlante n'est pas perdue.
          5)   Les rescapés de l'Ahâ Men Ptah.
          11-a) Ce que j'ai vu et compris
          11-b) Pour notre temps


LA GRANDE HYPOTHESE 2-1): "Avec le Général von Stülpnagel"

1) Le centre d'accueil de la Croix-Rouge suisse.

pariscinemaregion.fr: soldatenkino photo N° 6
Nous avons vu dans l'article 1 qu'Albert Slosman commence son oeuvre par le chapitre "le hasard existe-t-il"? L'histoire commence au Maroc. Il avait 22 ans. C'était après toutes les aventures difficiles qu'il avait vécues pendant l'occupation et que nous allons évoquer maintenant dans l'article 2-1: Le destin s'écrit-il aussi? Il se trouvait avec un vieux pasteur indigène Africain à la retraite, à plus de 4000m, d'altitude, au niveau de l'équateur, dans ce qui à cette époque, en 1948, était encore le Cameroun Anglais.
Pour préciser le rôle du hasard qui a eu tant d'importance pour Slosman  et entrer au coeur du mystère, le plus simple est de remonter le fil du temps jusqu'en 1942 où la deuxième année de l'occupation Allemande fut encore plus sinistre que les précédentes. Il venait d'avoir 17 ans, et depuis trois jours qu'il vivait en solitaire dans un appartement jouxtant le boulevard Bonne Nouvelle proche du grand cinéma Le Rex, devenu pour l'occasion le plus luxueux des soldatenkinos (voir photo N° 6). Ses parents avaient disparu et il avait échappé, par son absence à ce moment-là à une arrestation opérée par la Gestapo. Or sa mère était russe et son père d'origine israélo-allemande. Donc, même si son père avait obtenu facilement la nationalité française, si lui-même était né français en 1925, sous l'occupation, toute la famille était condamnée d'office par les hitlériens. 
Un frère de sa mère, vivant à Genève, lui fit savoir qu'en cas de problème, Slosman devait s'adresser à lui par l'intermédiaire de chancellerie de Suisse à Paris. Le moment venu, Slosman se rendit à la légation qui en dépendait, rue de Grenelle et fut prié de téléphoner trois mois plus tard pour connaître le résultat des démarches entreprises. Le moment venu, il rappela et reçut un nom et une adresse où se rendre à Paris afin, comme il lui fut dit, "de reprendre confiance en l'avenir". Il s'agissait de la présidente de la Croix Rouge suisse en France occupée, Mme Odette Micheli, qui s'occupait plus spécialement d'enfants victimes de la guerre (entre 1942 et 1947), et par conséquent pourrait peut-être le prendre en charge d'une façon ou d'une autre. Les bureaux de cette oeuvre se situaient au ministère de la famille rue de Tilsitt, à un étage prêté gracieusement par le gouvernement français à cet effet. Mais la veille du jour de la rencontre, par un nouveau hasard inouÏ, il fit la connaissance de Mme Micheli, au cours d'une alerte, dans un centre d'accueil pour enfants. Il y eut un "courant" qui le galvanisa et il ressenti comme un choc pour cette nouvelle coïncidence! Mme Micheli lui avait permis d'envisager l'avenir sous un autre jour, quels que soient les événements néfastes qui l'avaient amené à la rencontrer. Aussi, le lendemain, lorsqu'il eut son nom et son adresse, il eu un curieux choc pour cette coïncidence et le double enchaînement qui le poussaient désormais vers elle. Et en ce fameux jour de leur premier entretien, où elle le jugea en envisageant ses possibilités pour l'avenir, Odette Micheli, sans hésiter, engagea Slosman pour l'assister dans les diverses tâches touchant directement à l'administration du poste présidentiel qui était le sien. En effet, elle manquait d'aide pour l'organisation des centres d'accueil destinés à recevoir les enfants français provenant de tous les endroits du pays, où ils attendaient leur départ pour la Suisse. La Croix-Rouge suisse avait pour agir une position privilégiée, du fait que la neutralité helvétique, reconnue par les allemands. Cette situation inespérée, non seulement mettait Slosman à l'abri de toute poursuite, mais lui procurait un travail intéressant qui lui redonnait goût à la vie. Madame Micheli lui affirma que cette vie sociale pouvait lui ouvrir rapidement le chemin vers une compréhension qui ferait de lui un homme sage, doué de bien des pouvoirs. Il ne comprit pas sur le champ la signification de cette phrase pour le moins prophétique, mais il se la rappela fort souvent par la suite...De nouveaux papiers d'origine helvétique lui accordèrent une autre identité et un âge plus élevé, ce qui facilita son insertion totale dans les rouages de l'oeuvre de la Croix Rouge Suisse.
Il eut à peine le temps de familiariser avec les divers services, que la présidente demanda à Slosman de se rendre à Vichy en sa compagnie afin de l'assister lors d'un rendez-vous important qu'elle devait avoir avec le Maréchal Pétain. 
Pour bien comprendre la suite, il faut se rappeler que les allemands avaient des tentacules presque partout en France avec efficace cinquième colonne et ceci dans tous les domaines. Cependant une oeuvre telle que la Croix-Rouge Suisse restait en dehors de leur espionnage, car en fait, elle rendait également un immense service à l'Allemagne en recevant des enfants victimes des bombardements de masse des anglo-américains (ce qui n'empêchait pas les autorités d'occupation en France de "surveiller" les bureaux de la Croix-Rouge. Le service d'aide se développait énormément et les petits centres d'accueil n'étaient plus suffisants. La présidente recherchait une bâtisse plus grande, capable de recevoir un millier d'enfants d'un coup. Or, malgré toutes les enquêtes et recherches,il n'y avait qu'un lieu possible: une caserne désaffectée près du Boulevard Henri-IV. D'autres organismes s'occupaient aussi de cette recherche pour leurs besoin (la Croix-Rouge française, le Secours national, l'entraide d'hiver...). Dans cette recherche, un homme, un capitaine du Deuxième bureau Français, expatrié à Lyon, avait risqué sa propre vie pour venir mettre Madame Micheli au courant d'une situation délicate qui pouvait cependant lui permettre d'obtenir un centre d'accueil à Paris à la mesure de ses espérances (c'est ce qu'elle avait raconté à Slosman dans le train qui les amenait tous deux vers Vichy... cette même nuit). Il s'agissait de l'Ecole Polytechnique, rue Descartes près du Panthéon, vide depuis l'armisticeles polytechniciens s'étant retirés sur Lyon où ils s'étaient installés. En fait l'officier avait fait cette proposition non dans seul but de rendre service à la Croix-Rouge suisse, pais parce que le Général Von Stülpnagel avait jeté son dévolu sur l'Ecole Polytechnique pour y installer son quartier général. Or tous les trophées des guerres passées se trouvaient dans les locaux parisiens à la merci du pillage nazi et sans possibilité de récupération au préalable. La seule espérance du Deuxième Bureau était donc que la Croix-Rouge suisse puisse en faire son centre d'accueil avant l'arrivée du Général prévue pour le lundi suivant. Son capitaine était venu pour expliquer que le Maréchal Pétain était d'accord pour signer une réquisition valable à condition que Madame Micheli et Slosman soient chez lui le lendemain à 11 heures précises, moment où il pouvait intercaler leur visite à l'hôtel de Parc entre deux rendez-vous. Madame Micheli n'entendit que le nom de la prestigieuse école, "oublia" l'autre motif (sauver les trophées de guerre), et retint immédiatement deux places dans le train de nuit pour Vichy. Comme il n'y avait pas de wagons-lits, toute la nuit, Slosman et Madame Micheli préparèrent un plan extrêmement détaillé de l'occupation des locaux, qui avaient été laissés vides, des besoins en ravitaillement, du personnel à prévoir, tout cela pour recevoir plus de mille enfants dès le dimanche soir, c'est à dire dans les trois jours.... 
A Vichy, il n'y eut aucune difficulté avec le Maréchal, assisté du Docteur Bernard Ménétrel. pour obtenir la réquisition (A l'hôtel du ParcLe maréchal Pétain a installé ses bureaux et ses appartements au 3e étage de l'hôtel. Il occupe les chambres 124 et 1252 (son épouse logera dans l'hôtel mitoyen Le Majestic2, les deux hôtels étant reliés). Son secrétaire et médecin personnel Bernard Ménétrel occupe la chambre 1262. Pétain résidera à l'hôtel du Parc de juillet 1940 à août 1944 et son départ « contre son gré » à Sigmaringen. Il y habitait principalement en hiver, préférant l'été le pavillon Sévigné3, à 800 mètres de là.). Il n'y eut aucune allusion aux trophées toujours cachés dans les sous-sols de la grande école (photos). Le retour à Paris fut sans histoire, et ce fut dans la fièvre que toute une armée de bénévoles organisa les locaux, aménageant les dortoirs, les cuisines etc...
centrepompidou.fr- machine à écrire 1969
Slosman n'avait encore que 17 ans. Ce n'est qu'après une longue convalescence suite à un accident qu'il eut en 1956 qu'il écrivit un premier jet de cette épopée et de celles qui suivirent, mais cela resta enfoui au fond d'une malle jusqu'en 1970, date à laquelle il mit le brouillon sur machine à écrire. Il en remit la copie à Martin Leu, reporter au journal "La Suisse"... trois semaines avant son second accident. Le document disparut donc à nouveau, durant 11 ans, jusqu'à ce que Slosman demande à le récupérer, ce qui a été fait en pleine mise au point du manuscrit que quelques 900 feuillets, courant mai 1981. Ils auraient dû faire l'objet d'une autobiographie qui n'a pas été écrite, mais Slosman rappelle cet épisode concernant l'école polytechnique dans les deux chapitres de "la grande hypothèse: "Le hasard existe-t-il?" et "avec le  Général Von Stülpnagel". C'est la partie du manuscrit "tapée" en 1981 que Slosman a recopiée textuellement dans son livre. Il avait donc 17 ans, mais ses papiers faisaient de sa personne un citoyen suisse ne comptant 23. Voyons maintenant quelques extraits de ce récit qui pourrait être historique:
"Nous étions le lundi matin, à 8 heures. 500 enfants prenaient leur petit déjeuner dans le réfectoire de la prestigieuse école: une immense salle aux longues tables dallées de marbre. C'était la fin du premier service, et j'allais me lever pour donner le signal du départ, afin de ne pas retarder l'arrivée du deuxième groupe, mille enfants ayant dormi là la nuit passée, lorsque l'intrusion des allemands venant occuper l'école se produisit. Ils dévalaient les marches permettant l'accès du réfectoire. Nous fumes encerclés et les mitraillettes se pointèrent sur nous. Nous étions en joue! Tous les adultes étaient plus ou moins paralysés par l'effroi et je dois dire que qu'il en était de même pour moi. J'étais certain qu'au moindre geste prêtant à quiproquo ces gens tireraient sur nous sans sommation.!je ne pouvais même pas tenter de rassurer car le moindre prétexte serait bon pour un incident meurtrier [...] Un autre ordre, hurlé soudain, fit mettre tous les militaires dans un impeccable garde-à-vous, avec un claquement de talons impressionnant. Comme dans une opérette bien réglée apparurent en haut des marches de l'entrée du réfectoire des bottes reluisantes, plusieurs paires, suivies de pantalons vert-de-gris, au teintes plus ou moins claires, chamarrés de longues bandes verticales rouges ou carminées et surmontées enfin de tuniques constellées d'or et de décorations. les têtes, qui terminaient ces corps, finirent de démontrer, si besoin en était, qu'ils s'agissait d'officiers supérieurs. [...] Au bas des marches descendues lentement, ces messieurs s'écartèrent pour laisser passer un officier, qui, par son allure, devait être un gradé de plus haut rang encore. Celui-ci était en pantalon, non botté, l'air hautain, les sourcils et la moustache bien fournis, mais l'allure générale était désabusée. Les officiers étaient 7 en tout. [...] Celui qui marchait seul devant était manifestement un général, comme je m'en rendis compte enfin à ses épaulettes. Les autres suivaient à distance respectueuse, copiant leurs mouvements à droite et à gauche sur ceux de leur supérieur. J'aperçus la croix de fer de l'homme de tête qui, à l'encontre de son escorte, ne portait aucune décoration. La moustache grise de l'homme, son allure aristocratique, son front haut sous la casquette, ne me rappelèrent absolument rien! Je ne savais pas qui était ce général [...] Plus que quelque mètres nous séparaient lorsque je reconnus le colonel SS Oberg dans l'homme qui suivait directement le général. J'avais eu l'occasion de le croiser à l'hôtel Majestic  à plusieurs reprises, et il était très identifiable, vu sa tournure. Soudain je sursautai!... je me rendais compte qui si lui se trouvait derrière le général, et si tous avaient une attitude déférente, c'était parce que l'officier supérieur ne pouvait que von Stülpnagel! [...] Autrement dit, le général commandant les troupes d'occupation en France, lui-même, marchait jusqu'à moi! La pâleur s'accentua encore plus sur mon visage! Je ne m'attendais certes pas, et la présidente non plus, à pareille invasion. [...] Le général venait de s'arrêter, contemplant majestueusement notre tablée.Le groupe des six qui le suivait s'immobilisa également à quelques pas en arrière. Seul un officier se détacha pour se faufiler derrière l'occupant et venir jusqu'à nous. Les soldats qui nous gardaient s'écartèrent, pendant que d'une voix hautaine, en mots hachés, le gradé nous questionna dans un français correct, mais hésitant. 
-Qui...commande...ici? Cette demande ridicule me rendit mon sang-froid. Je répondis d'une voix ferme, que j'espérais calme:
-Personne ne "commande"! Ce n'est plus l'école polytechnique qui est ici. Vous voyer bien qu'il n'y a que des enfants autour de vous. Que signifie cette intrusion armée, qui constitue un véritable scandale? 
Ce dialogue se continua sans que le général n'intervienne encore et l'homme se calma un peu quand Slosman fit remarquer qu'on était dans un centre d'accueil officiel de la Croix-Rouge suisse, donc sous la protection du traité de neutralité qui unit "votre pays au notre: la Suisse". L'homme, qui tombait des nues murmura:
"-Schweizerishes Rotes Kreuze! Mein Gott !"
La prononciation gutturale de cette constatation qu'il s'agissait de la Croix-Rouge suisse ainsi que son invocation involontaire à Dieu valaient  leur pesant d'or! Slosman poursuivit alors assez haut pou tous les officiers entendent car il avait vu le général cligner de l'oeil et il soupçonnait qu'il comprenait parfaitement. Il insista sur l'entrée brutale de allemands qui obligeait les infirmières, reconnaissables à leur uniforme, à calmer les enfants ainsi terrifiés et peut-être rendus malades... Les allemands les prenaient-ils pour des terroristes préparant quelque mauvais coup?   D'une voix indécise, soudain moins assurée, l'officier rétotqua en manière d'excuse:
-"Je...suis...interprète, seulement...
-Eh bien, dites à vos supérieurs que je suis ici le représentant de la Croix-Rouge suisse, moi-même citoyen de ce pays. 
-Mais...je...nous..."
L'homme, bégayent, n'acheva pas sa phrase. On ne voit pas encore que que va faire le général, mais on sent qu'il est différent de ses hommes et on est loin de l'attitude de l'occupant régnant par la terreur du début de cette scène. L'homme se tourna vers le général, se remit au garde-à-vous, et traduisit fidèlement le court dialogue qui a précédé. Le  général, calmement, lui répliqua quelques paroles à voix basse, que Slosman ne put comprendre, mais que l'interprète , pivotant d'un demi-tour traduisit immédiatement:
"- Le général von Stülpnagel...vient prendre...livraison de l'École... Polytechnique...au nom du Führer!... Il demande ce que... vous faites et pourquoi... vous êtes ici?
Slosman (jeune homme de 17 ans face ce général et à un groupe de gradés allemand!) était de nouveau dans son assiette, ayant longuement mûri ce genre de questions et la différence résidant dans la personne qui la posait. Il répondit en se redressant:
-Nous accueillons des enfants victimes des bombardements alliés (60 000 morts entre 1942 et 1945 situation bien connue en Allemagne) et nous les envoyons en Suisse. Mais avant de répondre à d'autres questions, veuillez prier M. le Commandant en chef de bien vouloir faire sortir tous ces soldats, car ils terrorisent les enfants [...] (ce) qui constitue un abus de pouvoir inqualifiable dont je devrai rendre compte à notre présidente. 
-Mais je... Mais... je ne...
-Non! je ne veux rien écouter tant qu'il y aura dans ce réfectoire ces... soldats armés. Veuillez traduire mes paroles, s'il vous plait, au général. 
Désemparé, l'interprète ne savait que faire, car il était visible qu'il craignait une colère de son chef lorsque celui-ci entendrait la traduction. Il était cependant indéniable que le général avait compris, Slosman l'avait vu battre des cils en même temps que son interprète pendant la tirade précédente. Il avait ensuite esquissé un sourire rapidement dissimulé lorsque Slosman avait émis la prétention de faire sortir les soldats, ce qui n'était pas le cas de son subordonné. Ayant eu le temps de préparer sa réponse, le général resta cependant silencieux en fronçant très ostensiblement ses sourcils broussailleux. Slosman restait tout de même anxieux quant à la réponse et le subalterne restait planté là, au garde-à-vous, comme un piquet avant l'orage. Pourtant le cyclone ne venait pas: calme complet,silence total dans l'immense salle, à part quelques reniflements des gosses. Après un temps assez long, les gradés n'avaient pas bronché, mais avaient pourtant pâli à la traduction de la demande de Slosman qui crut avoir signé son arrêt de mort, lorsqu'il la bouche du grand soldat s'ouvrir. Il apparut qu'il parlait calmement et uniquement pour appeler son chef d'état-major: -"Oberg !
Le colonel s'avança vivement. 
-Ya Herr General !
-Macht dass alles beraus kommt (Faites sortir tout le monde)
Visiblement abasourdi par cet ordre, le colonel balbutia: 
-Aber... Herr General... (Mais... mon général...). von Stülpnagel fronça encore plus les sourcils, avant de scander:
-Al - les - be - raus! (Tous - de - hors !).Pendant que le colonel Oberg claquait des talons et s'inclinait sous la répétition de l'ordre, le général ajouta:
-Warten Sie in minem Wagon. (Attendez-moi dans ma voiture).
Le colonel, comme assommé, se retourna vers les autres officiers, même lui, avait été prié de quitter les lieux, ce que Slosman n'avait pas demandé. Les officiers se précipitèrent, se rendant compte qu'il valait mieux faire vite. Les militaires se précipitèrent tous avec le même entrain vers la sortie, dans le même bruit de bottes, suivis par les officiers et le colonel Oberg. L'interprète seul était toujours à la même place, indécis et immobile. Et Slosman poussa un énorme soupir de soulagement. En se remettant peu à peu de ce succès difficilement prévisible, et pour ne pas être plus longtemps impoli, il voulut le remercier pour cet acte simplement humanitaire. II approcha uns chaise eu coin de la table et invita le général, en allemand, à y prendre place. Il ajouta, en surveillant bien son accent:
"Vous accepterez bien une tasse de chocolat, Mon Général? C'est du suisse...". 
Von Stülpnagel me dévisagea un court instant, un peu étonné de ma prise de position soudaine et, il faut bien le dire changeante. Peut-être fut-il également surpris de mon allemand. Puis il sourit inclina la tête et prit place. Il me répondit de sa même voix calme, mais en français:
-Avec plaisir Monsieur !"   Slosman n'avait alors que 17 ans!

2) Avec le Général Von Stülpnagel


Carl-Heinrich von Stülpnagel a succédé à son frère Otto von Stülpnagel, lequel avait tenu ce poste de gouverneur militaire du Gross Paris d’octobre 1940 à février 1942, date de sa mise à la retraite à près de 64 ansCelui-ci est démis de ses fonctions pour avoir participé au complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, en arrêtant les SS de la région parisienne. Ayant raté son suicide alors qu'il fait route vers l’Allemagne, il est jugé au Volksgerichtshof et exécuté par les nazis, pendu à un croc de boucher.
wikipedia.org: Carl-Heinrich von Stülpnagel
Après ce premier succès, tout n'était pas gagné. Le général ôta sa casquette, regarda ce réfectoire où 500 petits visages le fixaient , surpris. Slosman demanda à Mme Robelin, qui surveillait les enfants, de faire sortir les enfants  qui terminaient de déjeuner. Libérée, la jeune classe s'éparpilla. Commença alors une conversation sur un ton qui n'avait rien à voir avec la brutalité du début:
"Le général méditait, perdu dans ses pensées. Le silence devint pesant. Il me fixa et me sourit, vit son interprète, toujours semblable à une statue, et le pria sèchement de sortir. L'officier claqua des talons et sortit. Le général, en français, sur le ton d'une conversation mondaine commença:
-C'est gentil les enfants, ils oublient très vite, heureusement. 
Fronçant les sourcils, d'une voix forte, en allemand, il continua: 
-Rien ne justifie votre ton avec mon interprète. Votre occupation est illégale et arbitraire. C'est très fâcheux. 
-Pourquoi mon général?
-Je me serais bien passé de l'incident diplomatique qui va éclater.
-Je ne me plaindrai qu'en cas d'incident, comme je l'ai dit.
-Vous êtes ici illégalement. mes soldats on dû sortir de cette pièce, mais ne quitteront pas les lieux. Nous nous installons à l'Ecole militaire selon les ordres du Führer. 
-Nous sommes ici légalement, mon général. 
Ses yeux ne formèrent plus que deux petites fentes, il répéta:
-Légalement? 
J'affirmai sans me laisser répliquer, il répondit sur un ton tranchant:
-Le légalité en France, c'est moi.
-Euh ! Je...
Le dialogue risquait de mal tourner. Slosman, en sortant son porte-feuille fit appel à l'acte de réquisition signé par le Maréchal Pétain. Le général accusa le coup et ses lèvres exprimaient la perplexité et la colère. Madeleine survint alors et, avec un sourire enjôleur, lui présenta le plateau où régnait l'arôme frais du cacao, détendant l'atmosphère en lui disant gentiment:
-Vous permettez?
Cette question bloqua le général, qui acquiesça sèchement en se contentant de regarder son hôtesse nous servir. Il huma et constata:
-La Suisse est charmant pays lorsqu'elle exporte du cacao! Pourquoi contrecarrer notre Führer et faire une vilaine action?
Slosman expliqua que, le général le savait bien, ce n'était pas cette intention. Mais il semblait se douter que ce n'était pas non plus par hasard que cette réquisition avait été demandée: 
-Cette réquisition est datée du 1er mai, vous avez occupé les lieux quelques heures avant nous, ne faites pas l'innocent. 
-En quoi la date change-t-elle nos intentions, mon général?
-Vous ne voyez pas? Trois jours avant, notre dossier part pour Berlin et revient signé lui aussi le 1er mai. Curieux, n'est-ce pas? 
-En quoi la Croix-Rouge suisse peut-elle être responsable de cette fâcheuse coïncidence mon général?
Celui-ci faillit s'étrangler. Il répondit en élevant la voix:
-Comment! mais la collusion est manifeste! Nos ennemis ne nous voulaient pas dans polytechnique. 
-Collusion, mon général? Est-ce une tentative d'intimidation ou une traduction défectueuse du français? Notre organisme ne peut être associé à vos "ennemis" [...].
La discussion s'orienta vers la justification par Slosman de sa sincérité dont le général doutait peut-être. Une telle coïncidence pouvait vraiment être fortuite et alors c'était une triste fatalité pour Von Stülpnagel. Slosman et la présidente étaient sincères et dans leur bon droit en ne voyant qu'une aubaine providentielle pour les enfants. Mais le général n'en démordait pas, ce n'était pas par hasard que la Croix-Rouge était ici avec une seule journée d'avance. Mais le fait le lendemain un convoi de plus de 1000 enfants (exactement 1211) n'était pas non plus un effet du hasard. Le premier convoi avait été prévu depuis plus de 2 mois, c'était le stricte vérité.
[...] - C'est facile à dire (dit le général), mais je penche pour beaucoup moins.
-Mon général,! Est-ce possible d'obtenir un train spécial de 16 wagons en quelques jours? Et l'autorisation de la Kommandandantur pour cette formation?
-Exact, et à quelle date votre Croix-Rouge a-t-elle fait la demande?
-C'était, je crois, en février, il y a trois mois. 
-C'est peut-être vrai, mais il y a d'autres lieux pour cette école, pour vous accueillir.
-Certainement, mais pas pour 1000 enfants. Notre présidente [...] à la dernière minute a entendu parler de l'Ecole polytechnique. Elle a fait des pieds et des mains pour l'obtenir à temps. 
-Je le croirais si je n'étais extrêmement expérimenté dans toutes les ruses de guerre.
-Mon général, la présidente et moi étions à Vichy avant-hier. Le Maréchal a signé parce qu'il s'agissait de 1000 enfants victimes des bombardements anglais. De plus, nous étions la Croix-Rouge suisse. 
De glace, Von Stülpnagel ne se rendait pas et continuait de trouver cette coïncidence bizarre, mais ne pouvait répondre a Slosman qui lui proposait de déménager sur le champ s'il leur trouvait un local assez vaste pour répondre aux besoins de la Croix-Rouge suisse. En effet c'est impossible concéda-t-il. Devant l'insistance de Slosman, il hésita, finit son chocolat puis se décida.
"Votre point de vue peut s'admettre. Mais nous sommes joués n'est-ce pas? 
La discussion se continua comme une duel pour la prise de possession de ce lieu prestigieux au profit soit d'une action humanitaire au profit de nombreux enfants, soit d'un casernement pour l'occupant. Le général semblait sur ses gardes vis à vis de l'institution de la Croix Rouge Suisse ce qui permettait à Slosman de résister aux assauts de ce tout-puissant personnage. Slosman, oubliant qu'il s'adressait au général, et avec l'inconscience de son âge pouvait rappeler avec satisfaction que "mes collègues; à Berlin, se dévouent sans compter pour vos enfants, ce n'est pas un jeu, pour eux, ils font comme nous leur devoir d'entraide à tous les enfants pendant que leurs aînés jouent à la guerre au nom de je ne sais quelle liberté (Slosman s'échauffait et chaque parole l'entraînait à énoncer ses griefs Il eut peur d'avoir été trop loin. Le général reposa alors brutalement son bol). "-C'est la guerre, monsieur, la liberté personnelle n'a rien à voir. Seule la libération de l'Europe et du monde compte." La conversation prit un tour presque philosophique ou plutôt sentimental au sujet des enfants eux, construiront l'avenir. Retenons-n quelques phrases:
- Slosman: "-[...] mais... les enfants. Leur terre est devenue un enfer! Laissez-nous les sauver en paix. [...] qu'ils soient allemands ou français ne change rien. Ces enfants feront la France et l'Allemagne de demain. C'est avec eux qu'il faudra compter, pas sur les adultes d'aujourd'hui [...]. 
Le rouge de ses joues reflétait son état d'âme. Et devant un silence qu'il sentait moins hostile, il continua:
"- Ces enfants, plus tard, près la guerre, seront des hommes. Ils se marieront un jour, tout comme je le ferai avec Mademoiselle (Madeleine, celle qui a servi le chocolat)... 
-Le général: "Vraiment, mes félicitations.
Hélas, avec la guerre, nous devons patienter , voulez-vous que nos enfants, à qui l'Allemagne aurait refusé son aide,s e souviennent, répondit Slosman. 
"Le général: -Je vous répète, monsieur, c'est la guerre. Je n'en suis pas responsable. 
-Dans votre esprit, mon général, cela suffit-il à couvrir tous les abus? les vaincus n'ont qu'à se taire et accepter, oui, mais nous sommes suisses, neutres d'un pays qui accueille largement vos enfants. 
-Vous êtes bien jeune pour me parler de cette façon."
Slosman s'attendait à une fin de non recevoir. Mais il persévéra, avec la certitude de sa perte au bout du compte. Alors qu'il était sur les bancs de l'école il y a peu, Il rappela un souvenir des auteurs classiques gréco-latins pour lesquels il avait un faible:
"-J'ai ainsi appris la conduite barbare des romains il y a 2000 ans. Notre professeur nous a fait apprendre par coeur cette phrase de Tacite, qui fait dire par Galcacus, flétrissant la guerre: "là où ils ont fait un désert, ils disent qu'ils ont fait une paix"
"Le général: -Je connais cette phrase!
-Ce titre de gloire sera-t-il le votre pour 2000 ans, en remplaçant  romains par germains?"
Cette fois-ci il était certainement allé trop loin, il avait oublié qu'il avait en face de lui le général en chef des troupes d'occupation. Il soupira:
"-Excusez-moi, mon général, je ne devais pas dire ce que j'avais sur le coeur.
-Pourquoi? vous êtes neutre... mais trop jeune. Quel âge avez-vous?
-Heu! 23 ans (en réalité c'était son identité suisse, mais il n'avait que 17 ans).
Le général , redevenant songeur, murmura sur un ton lointain: "-Ubi solitudinem faciunt, pacem appelant... J'ai connu Tacite au collège, à Cologne. Comme c'est loin!" Semblant vieillir, il regarda Slosman plus gentiment: 
"-Je suis militaire jeune homme. Mes responsabilités sont lourdes! J'obéis aux ordres. Les problèmes de l'histoire ne sont pas les miens. Les historiens en parleront.
-Mais c'est vous qui faites l'histoire.! La conversation continua: 
-Slosman: [...]:Si la postérité sait ce qui se passe ici entre l'occupant et la Croix-Rouge suisse, vous tressera-t-on des lauriers pour chasser 1000 enfants quand dans le même temps, elle sauve les vôtres? 
-Je n'ai pas l'ordre de vous mettre dehors. Je dois occuper l'École Polytechnique ce matin à 8 heures, c'est tout.
-Mais... nous sommes ici avec une réquisition légale et signée.
-Dans mon rapport, il vaut mieux ne pas parler du Maréchal et de ses manigances.
-Que comptez-vous faire mon général?
-Demander des instructions, Oberg n'aimera pas. Il se faisait une joie d'occuper ici. 
-Ce qui veut dire , si je comprends bien, qu'aujourd'hui nous restons?
-Probablement. Après aussi peut-être. Nous avons besoin de la Suisse. Craignez les réactiions d'Oberg (ce qui se révelera malheureusement pour Slosman, exact), il est tout-puissant. Nous, les militaires, ne l'aimons pas trop."
Slosman  avait gagné les enfants restaient. C'est alors qu'il mit le colonel Oberg en cause en lui signalant que Oberg savait qu'ils étaient ici depuis deux jours. "Je ne comprends pas" dit-il. Slosman regarda son amie Madeleine (celle dont il venait d'avouer au Général qu'il l'épouserait) et lui demanda:
tampon nazi
-"Veux-tu demander à Mme Robelin la liste signée des enfants, celle que lui a remis Mme Micheli?" [...]
-Je suis surpris mon général. Le colonel Oberg était au courant.
-Je ne crois pas. Il m'aurait évité cette situation ridicule. Je ne le lui pardonne pas, de toute façon. Il ne se sert pas de la Gestapo pour ces choses. Il n'était pas au courant. il ne pouvait pas vous savoir là. 
-Le plus simplement mon général. Notre présidente lui a fait signer hier matin la lista des enfants partants. L'adresse d'accueil y était en entier. Il aurait dû le voir. Mme Micheli a précisé qu'elle avait obtenu ce centre à la dernière minute. 
-Non!
-Si, mon général. Deux exemplaires sont aux archives. [...]
-Mein Gott ! (Mon dieu !) [...]
Von Stülpnagel se taisait? Slosman rajouta:
"-Pour moi, tout était en ordre. En venant, je n'ai vu aucun aucun militaire nous interdisant d'entrer. Comment pouvais-je penser que vous n'aviez pas vérifié la veille la disponibilité des locaux?
-C'est votre remarque la plus judicieuse, monsieur. J'en demanderai l'explication. 
Le général se renfrogna. Il y aurait bientôt de l'orage à l'état-major. Le colonel ferait sans doute passer un mauvais moment à quelques autres. Il regarda Slosman fixement et dut voir des lueurs malicieuses dans ses yeux. Il se détendit et sourit .Pour tranquilliser Madeleine, qui revenait avec la liste qu'il tendit au général Slosman ajouta:"-Nous restons, Madeleine, le général est d'accord'. 
En découvrant la dernière page de la liste couverte de cachets à l'aigle nazi, avec la signature du colonel, le colonel fut sidéré. Il éclata de rire et termina tranquillement son chocolat.
"-Excusez-moi de me donner en spectacle, mais remettre le colonel Oberg à sa place! Je vais lui montrer votre réquisition et surtout... sa signature., ornée de visas. 
La partie pouvait maintenant se terminer. Le général reprit, d'un ton tranchant:
-Pour les prochains convois,  conformez-vous aux règlements. Présentes vos dossiers au moins 20 jours à l'avance. Je veux vous éviter un nouvel incident vous exposant à moi directement. Est-ce clair?
-Parfaitement mon général. 
Ayant retrouvé sa prestance, il remit sa casquette et fit signe à Slosman de l'accompagner. et lui dit dans un soupir: 
-Voyons Oberg, écoutons-le. Attention dans l'avenir, ce sera votre ennemi (nous verrons que l'avenir donnera raison au général). Il rajouta: 
"-compliments vous êtes un ardent défenseur de la cause.
-Quelle cause mon général?
-La bonne ou la mauvaise, à votre choix
Avant le départ du général, un put assister à un spectacle stupéfiant que Slosman raconte ainsi. "Le général se raidit, reprit son allure martiale et il partit avec Slosman vers le portail d'honneur. Tous les militaires étaient au garde-à vous sur leur passage. Le chauffeur ouvrit la porte. Le colonel Oberg était devant. Il voulut descendre, mais son chef le stoppa Le général lui tendit les papiers. Il parla durement. Oberg devint cramoisi, fit de grands gestes, me montrant du doigt. Mes souliers devenaient étroits, ma nervosité grandissait. La panique me prenait dans cette cour grouillante d'uniformes vert-de gris. Il y avait six camions, quatre cars, deux chenillettes, trois voitures et la mercedes. Deplus, des side-cars et des motos un peu partout. Tous attendaient les ordres. Le colonel sortit brusquement, me jeta un regard noir et alla vers les autres officiers. Il donna rageusement quelques ordres avant de reprendre sa place. Ceux-ci, sidérés, se précipitèrent en criant. Tous bondirent dans les véhicules, les "colliers de chiens" enfourchant leur machine. 
Les enfants s'éparpillèrent, effrayés, rappelés par les infirmières. Le général m'appela, me rendit les papiers et dit d'une voix forte: 
"Vous restez ici. Ne vous trouvez jamais en défaut avec les services du colonel Oberg, ni avec les miens, monsieur." 
Je m'inclinai Von Stülpnagel monta, le chauffeur démarra aussitôt. La voiture de l'officier interprète, en tête, démarra, suivie de tous les autre véhicules."
Polytechnique était redevenue centre d'accueil. On peut imaginer comment les voisins d'alentour regardaient sans comprendre cet exode de l'Allemagne invaincue, surtout en 1942. Maîtres des lieux, les enfants poussèrent un triple hourra, en toute innocence, comme des enfants. Ils se sentaient victorieux... et Slosman aussi, comme on peut s'en douter.
paris1900.lartnouveau.com: école polytechnique
 
Ainsi se termine ce long article 2-1, que je viens de réécrire cette fin mars 2018. La suite de cet article s'intitulera LA GRANDE HYPOTHESE 2-2): Le destin s'écrit-t-i aussi? - à Ta Ouz. 
Nous y verrons que Slosman vécut mille autres aventures au cours de cette période, avec la Croix Rouge Suisse et Mme Micheli. Sil n’a jamais plus revu le Général, il n’en n’a pas été de même avec le Colonnel Oberg, qui fut l’instigateur de sa « punition à la Gestapo de Dole deux années plus tard! Ensuite, nous verrons comment, après la libération, de nouvelles aventures et accidents l'amenèrent au Maroc (où se déroula la scène de l'article 1) et à Ta Ouz l’idée germa qu’il n’y avait au fond qu’un seul Dieu en Egypte, et qu’il devait écrire « une histoire du monothéisme » avec pour seul point fixe la survivance des créatures de Dieu. Ses amis Berbères lui narrèrent leur origine « divine », ils venaient d’un « ailleurs idyllique » qui se perdait dans la nuit des temps et ils croyaient  en ce Dieu juste et bon qui les punis après désobéissance.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

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